D. Orano, p
3 Gaspar Scioppi ou Schoppe, était un protestant converti au catholicisme que le pape avait comblé de faveurs.
4 Théophile Dufour, G. Bruno à Genève, Genève. 18»*.
PONTIFICAT DE CLÉMENt VIIl.
d'entre les protestants; il avait loué dans ses ouvrages la reine d'Angleterre et plusieurs autres princes hérétiques et soutenu des opinions contraires à la foi; on lui avait reproché jadis sa négligence à célébrer, bien que clerc, les jours de fête, sa présence à des prêches, les doutes qu'il avait émis au sujet de l'incarnation, des miracles, des sacrements; néanmoins ce fut comme novateur dangereux en matière philosophique et surtout à cause de son panthéisme et de ses doctrines sur l'essence de la matière, que l'Église le condamna. On fit de vains efforts pour l'amener à résipiscence; on lui accorda quarante jours pour délibérer et il promit, dit-on, de se rétracter mais n'en fit rien; on lui donna encore quarante jours (21 décembre 1599); deux dominicains, deux jésuites, deux moines philippins c'est-à-dire de l'ordre de Saint-Philippe de Néri, et un moine de l'ordre de Saint-Jérôme, furent placés à côté de lui pour le convertir; ce ne fut que lorsqu'on reconnut l'inanité de leurs efforts que Bruno fut conduit dans le palais du cardinal Madrucci, grand inquisiteur, et reconnu définitivement coupable. Il dut entendre sa sentence à genoux et fut dégradé par l'évoque de Sidon qui reçut le 16 mars 2 écus*. Bruno avait repris toute sa fermeté, il s'écria : « Peut-être que vous prononcez votre sentence contre moi avec plus d'émotion que je ne la reçois. » Son supplice devait avoir lieu le