A. Pascal, Storia délia Ri forma a Cuneo, Pignerol
LA RÉFORMATION EN PIÉMONT
française. Le 6 avril, une armée de six mille soldats allemands à la solde du roi François P', occupait la ville de Turin : la plupart étaient luthériens ; comme à Rome et à Naples les soldats du prince d'Orange, ceux-ci répandirent leurs idées dans toute la contrée. Cependant l'action du gouvernement français s'exerça contre les luthériens. Un Parlement fut institué en 1538*; il décida que les procès en matière de foi seraient soumis à sa juridiction et à celle de l'Inquisition et que toute autre procédure devait être considérée comme nulle. Un édit royal, en date du 1" juin 1540, invitait les magistrats du royaume à se montrer inflexibles envers les ennemis de la religion^ et un autre, en date du 18 novembre de la même année^ consacré plus spécialement aux hérétiques du Piémont, accentua encore cette politique. Toutefois, certains représentants du roi s'appliquaient à atténuer ses rigueurs. Guillaume Du Bellay, gouverneur de la ville de Turin, sut faire remettre l'exécution de cet édit tant qu'il vécut^ : FurstenbergS Claude Annebault et Philippe de Savoie, seigneur de Racconigi, ménageaient de leur mieux des habitants des vallées^ et des réformateurs de
1. René de Birague en fut président de 1543 à 1562. Ce parlement comptait quarante-cinq membres.