Viaggio a Gerusalemme, Milan
Conseil confia à un magistrat particulier la surveillance des couvents ^ Mais le désordre était extrême aussi bien dans les monastères que dans les couvents. « Les défroqués, écrivait Aleandro, le 24 mai 1533. sont plus nombreux que les prêtres. Un moine s'est fait prêtre de sa propre autorité et a célébré la messe, puis il est devenu docteur laïque et, pour couronner le tout, il a épousé une fille de bonne naissance tout en continuant à entretenir une vieille concubine. La vie, dit-il encore (31 mai 1533), est toute troublée, non par les rois, les princes ou les peuples, mais par les frères, les moines, les moinesses et les bigots qui tous commettent des choses affreuses. Aussi Votre Sainteté ne doit-elle point s'étonner si, dans la plupart de mes lettres, je suis obligé de lui parler de moineries. » En effet, il signale « les abominations commises par les moines et les nonnes de l'ordre de Saint-François établis à Feltre et transmet à ce sujet une supplique dans laquelle les autorités de la ville les exposaient au sénat
vénitien.
Le 19 juillet 1533, il écrit : « Ces désordres sont le fait de tous les frères, mais plus spécialement des conventuels... tous ces moines se mangeraient
entre eux. »
La coutume qui s'était introduite à Venise comme ailleurs de donner des moines pour confesseurs aux nonnes avait eu, là aussi, les plus