Bolognetti. évèque de Massa, cardinal en
LA RÉFORMATION A VENISE
rieurs, ceux qui étaieut partis par caprice. Et le nonce déclare que, en ce qui coacernait ces derniers, il était désarmé car, quand il voulait les obliger à rentrer dans leur cloître, les supérieurs refusaient, fort sagement d'ailleurs, de les reprendre».
Dans l'intérieur des monastères on jouait aux cartes quand on ne faisait pas pire, et à des taux élevés (mars 1588). Les frères mineurs du couvent S Antonio se conduisaient abominablement; on leur envoya un visiteur, mais ils manœuvrèrent de telle manière qu'ils réussirent à le faire remplacer par un autre dont ils savaient que l'indulgence serait d'autant plus grande qu'il n'était pas luimême exempt de reproche ; avec un moine espagnol il avait commis jadis tant d'infractions aux vœux monastiques qu'on les avait exilés tous
deux .
A l'époque du carnaval, des moines masqués se
mêlaient la nuit aux bateleurs et aux filles sur la place Saint-Marc, couraient les ruelles en armes, faisaient scandale et c'était bien en vain que le nonce Matteucci s'épuisait à leur démontrer 1 mconvenance de leur attitude^. . :, . .
Le vicaire du patriarche. Guidoni, avait donc tout lieu d'écrire au cardinal Montalto, le 4 jum 1388. que « Venise était un nid de moines et de prêtres indignes venus de toutes parts pour vivre dans la
^:rn.:Yen.,nof'Ar'o..*08. m. Nunz. Ven.. "°l: Nu^nV.'ven.?vol. XXVH, col. 53. Lettre du 3 mars 1590.
débauche. La plupart, ajoute-1-il, ont des maîtresses pour ne pas dire des femmes^ »
En 1595 (14 juillet) un moine falsifiait les pièces d'un procès; il est vrai que c'était pour sauver le
prieur^.
Les nonnes ne demeuraient pas eu reste. En 1563, treize nonnes d'un couvent de Vicence abandonnaient leur couvent, parce que le cardinal d'Urbino y avait établi une discipline plus sévère. Elles vinrent à Trente supplier le concile ou de les renvoyer chez elles, ou de leur permettre d'entrer dans un autre couvent. Les ambassadeurs vénitiens en prirent texte pour attaquer l'évêque, le cardinal Giulio délia Rovere, qui ne résidait pas. Pourtant Tévêque finit par avoir le dessus^.
En 1571, le nonce reçut des mains de l'évêque de Padoue une lettre et un bref que lui envoyait le cardinal Rusticucci et qui lui donnaient les pouvoirs nécessaires pour ramener les nonnes à une meilleure vie; il se mit tout aussitôt à l'œuvre et obtint que les couvents n'eussent plus qu'une issue, au plus deux (21 juillet 1571). L'année suivante une lettre du nonce en date du 6 février, contient cette révélation surprenante que l'autorité tolérait qu'il y eut à Venise des nonnes qui, après avoir fait leurs vœux, étaient devenues des filles publiques; le nonce s'occupait de les rechercher et il en avait déjà fait saisir deux; il était en quête d'un lieu