Nunz. Ven., vol. IV, col. 142; vol. VU, col
LA RÉFORMATION A VENISE
parce que le Conseil des Dix les réclamait tandis que le nonce voulait les avoir « pour en faire prompte justice afin qu'on sût que les tribunaux ecclésiastiques pouvaient comme les autres châtier les coupables »^ En 1584, un chanoine portant un nom illustre, Carlo Borromeo, fut surpris en mauvaise fréquentation.
Bien plus tard, le vicaire du patriarche, Guidoni, se plaignait de rencontrer les plus grandes difficultés pour réformer le clergé car ses membres étaient presque tous apparentés à des nobles qui les couvraient de leur protection quand ils avaient commis quelque méfait (1588)^.
En 1594, un moine franciscain et un chanoine régulier sont décapités sur la place Saint-Marc c pour des crimes affreux » ^.
Pour faciliter leurs écarts de conduite, les membres du clergé avaient adopté un costume qui les distinguait à peine des gentilshommes ; ceux qui étaient ordonnés portaient le manteau et le chapeau rond des nobles de premier rang, des Savii; la seule différence était que les manches des nobles étaient fendues et les leurs fermées. Le légat Facchinetti trouvait quelques avantages à cet habillement car premièrement, disait-il, les Sages étant peu nombreux et bien connus, les prélats vêtus comme eux ne pouvaient faire autrement
1. Nunz. Ven., vol. XIX, col. 142 et 154. Lettres du 19 et du 26 juillet 1578.