‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 440 sur 470 · Nunz. Ven., voL XXX, col · texte numérisé non relu

Nunz. Ven., voL XXX, col

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que de garder une tenue décente; en outre ce costume leur donnait, à son sens, une apparence de dignité qui convenait dans une ville comme Venise; à vrai dire il leur procurait des facilités dont ses successeurs se plaignirent. Les nobles trouvaient d'ailleurs fort à redire à cette assimilation et auraient voulu que les prêtres missent au moins une croix bien apparente sur leur chapeau ainsi que cela se pratiquait à Rome*.

En 1583, le nonce, Lorenzo Campeggio, évêque de Cervia, se plaignait que les prêtres parcouraient la ville en vêtements peu conformes à leur ministère ^.

L'orthodoxie eut à Venise un défenseur ardent mais un peu compromettant, Dionisio Zannettini qui fut évêque de Mylopotamos en Crète (1538- 1555). Le président du concile de Trente, le cardinal Ercole Gonzaga le traite de Hometto di poco valore, néanmoins il joua à Venise et dans toute la région un rôle des plus importants; c'était un Grec, né à Nauplie; aussi fut-il surnommé le Grechetto; son éducation s'était faite chez les Franciscains; dès 1529 il avait été nommé évêque de Ceos; son savoir théologique, sa grande éloquence lui valurent de nombreuses missions; vers 1545, il vint s'établir à Venise. Quelque temps il flatta la papauté d'une union possible entre les églises grecque et latine mais son affaire principale

1 Nunz. Ven., vol. VU, col. 42. Lettre du 27 septembre 1»69. 2. Nunz. Ven., vol. XXIi, col. 268; vol. XXIII, col. 219.

LA RÉFORMATION A VENISE

fut la lutte contre le protestantisme ; il y surpassa Délia Casa en rigueur; il accueillait, il sollicitait les délations et les transmettait à Rome avec le plus grand secret^ car, soit pour se faire valoir, soit qu'il y eût vraiment danger pour lui, il se disait menacé de vengeances terribles; il s'attaquait aux plus hauts prélats traitant le cardinal Gonzaga de protecteur des hérétiques, dénonçant, non sans motif, l'évêque Vergerio, ainsi que les généraux des principaux ordres, le coadjuteur de Vérone, Lippomano, celui de Bergame, Soranzo, le cardinal Morone, le patriarche d'Aquilée, Giovanni Grimani; il accusait celui-ci d'être l'ami d'OchinQ, de Vergerio, de fra Augustino de Trévise ; il accusait le cardinal Ridolfi d'avoir fait de Vicence une ville luthérienne, le patriarche de Venise de ne pas résider, les cardinaux d'accorder trop de faveurs à leurs protégés. Par certaines de ses accusations contre le clergé, il se rapprochait des luthériens et faillit se faire taxer lui-même d'être de leur parti. Au concile de Trente, on l'a vu, il parla avec tant de véhémence que l'évêque de Gava dont il dénonçait parmi d'autres la conduite, lui arracha la barbe et fut de ce chef exclu du Concile.

Le Grechetto n'était peut-être pas tout à fait sain d'esprit; il voyait partout des persécuteurs et se plaignait sans cesse ; sans cesse il prétend dans ses lettres qu'il est dénué de tout, tandis que les héré-

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