‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 441 sur 470 · BUSCHBELL, p · texte numérisé non relu

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tiques sont riches ; il demanda même des secours à l'évêque de Cava! Ses dénonciations à la cour de Kome sont accompagnées presque toujours de demandes d'argent et de places. Souvent e es étaient dictées par des motifs de haine personnelle; il eut un procès avec l'archevêque de Chypre, son ancien protecteur, qu'il accusait d'avoir séquestre un témoin à charge dans un procès d'Inquisition ; il semble qu'il perdit ce procès. On tenait moins de compte à Venise qu'à Rome de ses dénonciations; il mourut en 1556.

Le dominicain Tommaso Stella, évêque de Salpe (1544-1547*). surnommé il Todeschini et « le marteau de l'hérésie » comme Muzio. ressemble au Grechetto mais avec plus de dignité^. Un bref du pape de 1539 l'avait autorisé à lire les œuvres des luthériens; il contribua à la fondation de la confrérie du Sacratissimo Corpo di Chnsto; sa principale occupation fut la réforme des couvents; il contraignit les moines dominicains de SS. Giovanni et Paolo à Venise de suivre leur règle ; il se rendit à Padoue pour ramener les moines a l'observation de la discipline surtout dans le monastère de S. Marco ; il prêcha à Venise pendant un carême. Grechetto le louait pour sa sévérité à l'égard des hérétiques. Au concile de Trente il fut

1. TransféréàLaveIIo(1541-1549). Uohelli, ftaKa Sacra, vol. VU,

*"' Moro'';e'';oU Xll. p. 144; vol. LXXX. p. 268. Il composa entre autres "uvr.;;!" un t^Hé De m,«,renrf» h^reticis et une réponse à Calvin De Sacramento Euchanstix,

LA RÉFORMATION A VENISE

toujours du parti de la rigueur; il s'y montra partisan d'une répression impitoyable; il recommandait qu'on surveillât les prédicateurs quand ils traitaient de la Justification. Comme le Grechetto, il se plaint sans cesse que les moines sèment rhérésie; il réclame du pape le droit d'empêcher de prêcher ceux dont l'orthodoxie n'est pas assurée. En 1548 le pape l'envoya à la Mirandole où la réforme avait été propagée par un carme et un médecin. Stella avait les pouvoirs les plus étendus, pouvoir d'absoudre les pénitents, de livrer les coupables à la justice; son éloquence et son enthousiasme gagnèrent la bienveillance du comte Galeotto Pico délia Mirandola et, fort de son appui, il se mit en devoir d'extirper le mal. Il chassa le médecin « ne pouvant faire plus » et se mit à visiter les familles suspectes à raison de cinq ou six par jour; des soumissions lui vinrent en nombre mais qui lui parurent peu sincères; deux soldats abjurèrent. On ne lui livra que quelques livres, alors il publia un décret menaçant de confiscçition les détenteurs d'œuvres défendues (1548) ^ Cependant il lui arriva d'être cité lui-même devant l'Inquisition à cause d'un sermon dans lequel il avait soutenu, en s'appuyant sur saint Augustin et saint Thomas d'Aquin, que la souffrance et la mort « ne sont pas des effets du péché originel *. Le Christ, disait-il, ayant expié les péchés des hommes, ils sont maintenant délivrés du péché par

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