BERGAME
Bergame était également gagnée; les artisans y avaient pris parti pour la Réforme; les gens de la campagne eux-mêmes s'étaient laissé entraîner; c'est qu'en effet, les relations étaient incessantes entre cette région et les cantons suisses et que d'autre part les autorités locales, voulant ménager de tels voisins, ne mettaient guère d'ardeur à seconder l'Inquisition; le recteur s'opposait à la poursuite d'un procès si les accusés n'étaient pas au préalable envoyés dans les prisons municipales ; tel fut le cas de deux gentilhommes accusés d'avoir blasphémé 2. C'était là, paraît-il, un travers assez commun à Bergame. Longtemps après, le juge municipal décida que les soldats blasphémateurs auraient, la première fois, la langue coupée, la seconde fois, seraient envoyés aux galères; d'ailleurs, le magistrat établit des catégories ; il y avait le blasphème laïque et le blasphème hérétique, mais il n'en donne point la définition (1626)3.