‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 455 sur 470 · VICENCE · texte numérisé non relu

VICENCE

Le socinianisme prit naissance à Vicence, mais se développa surtout hors d'Italie. « L'Espagne a produit la poule, disait Zanchius, l'Italie a couvé les œufs, nous autres Grisons, nous entendons crier

les poussins^. »

On a accusé, en effet, Valdès, d'avoir importe d'Espagne à Naples, des doctrines antitrinitaires, mais, comme il a été dit, la chose est incertaine. Ce dont on ne peut douter, c'est que les

2 ZANCHms^apud Bock. Historia Antitrinitariorum , Kônigsber« m4-m8, vol. II, p. 415. Cf. Cabianca et Lampertico, La gZldelllustrazione dèl Lombarde Veneto, Milan, 1899, vol. IV,

idées d'un autre Espagnol, le fameux Michel Servet, n'aient été en quelque crédit en Italie et surtout en Vénétie dans le deuxième quart du XVI* siècle. Le traité De Trinitatis erroribus est de 1531, le Dialogi de Trinitate de Tannée suivante; or, dès 1538, Mélanchton écrivait au Sénat de Venise pour le mettre en garde contre les doctrines répandues par Servet. « Je sais bien qu'il y a eu de tout temps dans le monde des opinions bien différentes touchant la religion et que le démon a toujours eu soin de semer des doctrines impies.... J'apprends que dernièrement on a répandu parmi les Vénitiens un livre de Servet qui fait revivre l'erreur de Paul de Samosate condamné par l'Eglise primitive et qui tend à renverser la doctrine des deux natures du Christ en contestant que le Verbe doit s'entendre d'une personne unique dans le passage de saint Jean : « Au commencement était le Verbe ».... Je crois devoir vous avertir et vous conjurer de faire tous vos efforts pour persuader à ceux qui professent ces erreurs impies de les rejeter avec empressement ^ »

Servet faisait de la propagande avec passion ; il écrivait des lettres personnelles, il multipliait les écrits et les démarches 2. Calvin s'en plaignait^.

1. Mélanchton, Opéra, Halle, 1836, vol.III.p. 745.Cf. vol. Vl,p.761.

2. Vers 1553, le visionnaire William Postel publia à Venise une apologie de Servet dans laquelle il affirme qu'il avait beaucoup de partisans en Italie. Frédéric Samuel Bock, Historia Anlitrinitatiorum, 1774-1784, vol. II, p. 529.

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