Calvin écrivait en 1554 dans Defensio orthodoxe fidei
Ses spéculations, ses doctrines subtiles, inaccessibles au commun, devaient au contraire séduire de façon toute particulière les membres des académies qui, surtout dans le nord de l'Italie, étaient devenues si nombreuses. On a prétendu que c'est parmi les académiciens de Vicence que les idées de Servet avaient rencontré le plus d'adeptes. Elles trouvèrent un interprète dans Lelio Sozzini
ou Soccini.
Ce fut à Sienne, terre fertile en hérésies, que naquit Lelio Sozzini en 1525; son désir de se faire une conviction raisonnée le porta à consulter les Écritures dans les textes originaux et il étudia le grec, l'hébreu, voire l'arabe; à l'âge de vingt et un ans, il enseignait à Vicence c< la vérité sur le Christ » et à mieux connaître la Bible ; à Venise, il entra en relations avec des hérétiques; afin de se mettre en relations avec ceux d'Allemagne, il parcourut les pays du nord et mourut à Zurich, en 1562. Son neveu Fausto, fils de son frère Alessandro, né le 5 décembre 1539, fut initié aux doctrines relatives à la Trinité, par les lettres de son oncle et entreprit de les propager; il passa douze ans à la cour de Florence sans être inquiété, bien qu'il fît profession d'être antilrinitaire ; cependant il dut quitter l'Italie en 1559 pour se soustraire à l'Inquisition, se réfugia à Lyon, gagna de là la Posnanie et la Pologne (1579); il mourut
contra prodigiosos errores Michaelis Serveti: « Multos esse in Italia tabe ista infectos.,.. Calvin, Opéra, vol. Vill, col. 459. Cf. Iloen, VUa Lœlii Socini, Leipzig, 1814.
LA RÉFORMATION DANS LE FRIOUL
le 3 mars 1604, dans les environs de Cracovie, à. l'âge de soixante-quatre ans K
Le sociniaaisme faisait du Christ un dieu de second ordre auquel le Dieu Suprême et umque avait confié après sa crucifixion et en récompense le gouvernement du monde; il n'a pas justifié les péchés humains parce que Dieu les avait pardonnes auparavant; la grâce n'existe pas car elle serait la négation de la morale; le baptême est simplement un symbole de l'initiation; c'est une cérémonie comme la cène. L'homme arrive à discerner le bien du mal et de cette notion tire l'idée de Dieu. L'idée morale précède l'idée divine. Luthériens et Calvinistes exagéraient la faute originelle, les Sociniens la réduisaient à peu de chose. Pour eux, la raison l'emportait sur tout.
L'hérésie persista à Vicence jusqu'en 1604; l'évêque distribuait alors aux œuvres charitables « sans l'assistance des recteurs » de fortes sommes provenant des hérétiques condamnés à des amendes ou dépouillés par confiscation'^.