‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 51 sur 470 · Investigationes, vol. XXXV, fol · texte numérisé non relu

Investigationes, vol. XXXV, fol

MŒURS DU CLERGÉ

un jour, étant au palais Farnèse, il s'écria: « Aujourd'hui c'est décidé ; je fais tuer Camillo. » Ses amis le détournèrent de ce projet mais, dans son pays, il soudoya un assassin qui tua un autre de ses ennemis (23 juin 1552) *.

Pour combien de prélats la continence était-elle une règle stiicte ? Il ne faut point l'oublier, la Renaissance a été une époque d'abandon des règles morales. Si les lois restaient rigoureuses, si mainte législation municipale punissait sévèrement par exemple le crime d'adultère et même celui d'embrasser une femme sans son bon vouloir, en fait on n'appliquait guère ces dispositions et les mœurs étaient bienveillantes envers les amoureux. Une belle passion, quelle qu'en fût la nature, semblait digne d'admiration et était généralement encouragée. Comment les ecclésiastiques auraient-ils résisté à l'entraînement et à la séduction de l'exemple, alors surtout qu'une impunité presque absolue, en tout cas une indulgence extrême, leur était assurée. Les cardinaux, qui menaient une vie de seigneurs fastueux, ne pensaient pas, du moins ce fut certainement le sentiment de plus d un, que la différence de Thabit dût les exclure d'aucun des plaisirs dont la vie des grands pouvait être charmée. Leurs liaisons n'étaient guère secrètes: elles ne firent pas scandale parce qu'à Rome ces irrégularités étaient acceptées et passaient pour aventure ordinaire et commune.

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