FoNTANA, Doc, Vat., V' 8»j
formé- un moine d'AncÔne fut chargé de ce soin; il lui était recommandé de faire boucher les fenêtres et de disposer les parloirs de telle sorte « que es religieuses ne pussent pécher de corps si elles persistaient à pécher d'esprit^». . . ,. ^r
Les sœurs du couvent Corporis Christi à Naples introduisaient dans la clôture des personnes qui n y avaient que faire (1536). A Milan, le senateur supplie le pape Paul III d'intervemr car les couvents sont, dit-il, « des lieux de pestilence » (1538). A Amelia, les nonnes sortaient à leur fantaisie. Celles de S. Caterina de Bologne avaient été chassées de leur maison pour leur inconduite et remplacées par des nonnes plus correctes, mais au bout d'un certain temps, elles Y étaient rentrées de force et deux cardmaux, avec le concours de 1' « administrateur de l'égUse de Bologne », ne parvinrent pas à les déloger m à les faire rentrer dans la loi. U fallut que le pape intervint personnellement^.
Un moine.de Viterbe, le frère Battista Nardi, appartenant à l'ordre de Saint- Augustin, raconte qu'il a eu, ainsi qu'un autre moine de son ordre, des relations avec deux nonnes qui étaient sœurs et vivaient ensemble dans un couvent de la ville; elles devinrent toutes deux enceintes et allèrent accoucher chez une de leurs parentes. Le moine
1. Bulle du «25 janvier 1535. Archic. Vat.. Arni. 40, vol. L,
""'tArtuv. Val.. Arm. 40, vol. L, n. 434. Arm 41, vol. II 111, IV et V pflssim. Tacchi-Venturi, Stato délia Religwne m Italia...,
Rome, 1908.
MŒURS DU CLERGE
abandonna ensuite son ordre et l'habit monastique pour devenir prieur de l'église S. Luca à Viterbe. Une jeune femme mariée et fort jolie habitait près du presbytère; le prêtre que son passé avait rendu indulgent, lui procura les moyens de fuir avec un amoureux le toit conjugal, mais il y perdit son bénéfice et même fut jeté en prison; il s'enfuit et se réfugia à Vitorchiano ; de ses fenêtres, il voyait la maison d'une femme qui était la maîtresse d'un moine ; tout au contraire de ce qu'il avait fait à Viterbe, il dénonça l'inconduite de cette femme à son oncle et à son frère qui la surprirent avec le moine. Le moine fut tué. Quant à Nardi, il avait trouvé une amie pleine de complaisance nommée Pazienza mais son frère, apprenant la vérité, la tua. On raconta même qu'une mère de famille lui ayant avoué en confession qu'elle avait pour amant un juif de la ville, il s'en fut le trouver et lui demanda 10 écus que le Juif donna sans délai, car il y allait pour lui d'être brûlé vif (20 décembre
Le cardinal Gaspare Contarini était donc en droit de dire vers 1533: « Je ne saurais m'indigner assez en songeant que, dans les principales cités catholiques italiennes, le relâchement des mœurs ait atteint un tel point que la plupart des couvents soient convertis en mauvais lieux^. »
L'autorisation de pénétrer dans un couvent s'ac-