‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 64 sur 470 · Opéra, Paris, 1571, p. 426. V. à l'appendice · texte numérisé non relu

Opéra, Paris, 1571, p. 426. V. à l'appendice

cordait facilement non pas aux hommes, k dire le vrai, mais aux femmes avec autorisation d'amener avec elles une suite dont les hommes ne semblent pas avoir été exclus. La seule condition qu'imposait l'autoritc pontificale était de ne pas passer la nuit dans l'enceinte de la clôtuie. Des grandes dames telles que Vittoria Golonna, CaterinaCibo, GiuUa Gonzaga, obtenaient souvent cette faculté dont elles se plaisaient à user'.

Pie V dut publier une IjuUc, « Decori et honestate .., datée du 24 janvier 1570, défendant aux nonnes, sous peine d'excommunication, d'admettre désormais dans la clôture leurs frères, sœurs, cousins et autres parents en prétextant une maladie, de franchir la clôture sans raison et de courir 'les villes voisines ; il reUra toutes les autorisations antérieurement accordées et déclara que les sœurs ne pourraient sortir qu'en cas d mce.i-

die ou de peste.

11 y a plus. Souvent on logeait le confesseur du couvent dans le couvent môme! Clément Vil chercha à mettre fin à ce scandale qui ne fut défini-

1 Giulia Orsini, princesse de Bisi^nano, reçoit le 30 novembre i=is^ IftutorisaUon de francl.irla clôture dans plusieurs couvents ie Naple" quàue fois par an, en co.npagnie de six à huit fen.mes

iSa de Capoue, princesse de Molletta, femme de Ferrante Gû^^^a rccoU Te 30 janvier 1537 l'autorisation de pénétrer dans deuTcouvers de Mantoue en compagnie dune su.te composée

« tant d'hommes que de lemmes ». . , , , •

ToLvkaTrivulzi. marquise de Pallairicini, reçoit la même auloiisaîion a^si que Francesca de Monbel, princesse de Sulmona, en celle annTe 1537^ .trcto.rai., Atm. 40, vol. LUI, n. 131; Arm. 41, vol. V, n. 136, n. 72.

MŒURS DU CLERGE

tivement supprimé que bien plus tard, sous le pontiiicat d'Alexandre VII, en 1658.

Le nonce Ippolito Capilupi rapporte, au milieu du xvi" siècle, qu'à Venise un prêtre, directeur d'un couvent de plus de quatre cents religieuses, dont beaucoup, dit-il, jeunes et belles, avait, pendant dix-huit ans, donné le change par ses manières pleines d'onction et de réserve; on l'avait même envoyé inspecter d'autres couvents, alors qu'en réalité il ne songeait qu'à satisfaire ses caprices et traitait les recluses comme sa propriété ; si l'une d'elles lui résistait, il la faisait jeter en prison ; il fut dénoncé par l'une de ses

victimes^.

Un recteur entrait de nuit dans un couvent au moyen d'une échelle; le neveu de l'évèque de Venise vivait ouvertement avec des nonnes.

Lorsque le voyageur anglais Coryat arriva à Venise en 1608, il vit la tête d'un moine fichée au haut d'une pique ; on lui expliqua qu'il avait mis à mal quatre-vingt-dix-neuf religieuses^.

Les nonnes, dit Bandello^, appartiennent aux moines; celles qui entre tiemient des relations avec des laïques, sont emprisonnées et persécutées; quant aux autres, elles s'unissent ouvertement avec des moines et l'on fête ces épousailles en chantant des messes et en banquetant joyeuse-

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