Voir chapitre relatif à la Savoie
4j Voir chapitre relatif à Venise.
jQ LA RÉFORME EN ITALIE.
à Vicence que les idées de Servet rencontrèrent le plus d'adeptes. Le socinianisme en est sorti , mais il fit des i^rogrès surtout hors d'Italie.
En fait, les protestants italiens prirent dans le protestantisme les opinions qui convenaient le mieux à leurs aspirations et négligèrent les autres.
Il est assez facile de connaître ces opinions.
A propos d'une querelle survenue à Asti entre un moine augustin et un frère mineur, en 1532, le pape fit établir un résumé des principales assertions hérétiques et des réponses qu'il convenait
d'y faire :
— Si la prédestination éternelle n'existait pas
aucun homme ne pourrait bien agir.
Réponse : Les Écritures nous appr<-nnent que certains réprouvés ont été reçus en grâce et ont pubien agir; les hommes peuvent bien agir sans avoir été prédestinés.
l^a divine prédestination est cause de toutes
les bonnes œuvres.
Réponse : La divine prédestination, pour les mômes raisons que plus haut, n'est pas cause des
bonnes œuvres.
— Ceux qui disent qu'il ne faut pas parler au peuple de la prédestination ignorent la vertu de Dieu et sont ennemis de sagràce.
Réponse : Cette proposition est fausse, car elle est en contradiction avec un passage de Paul (non cité). Les diOicultésqui se trouvent dans la foi catholique ne doivent pas être livrées aux discussions du peuple; il est clair que la question de la prédesti-
CARACTERE DE LA REFORME EN ITALIE
nation est parmi les plus difficiles ; elle n'est pas propre à la prédication populaire.
— Nous ne pouvons sans la grâce de Dieu faire quoi que ce soit de bien par notre libre arbitre, mais seulement pécher.
Réponse : L'auteur de cette proposition, qui doit être repoussée, est Grégoire de Rimini^; il se met en contradiction avec l'opinion commune, car sans la grâce nous pouvons accomplir quelque bieu moral, mais non quelque bien méritant la vie éternelle.
— Le dogme d'Aristote que l'homme est maître de ses œuvres, est faux.
Réponse : Cette proposition sent l'hérésie, car être maître de ses actes et posséder le libre arbitre sont une même chose.
— Tout ce que font les hommes sans la grâce ou la foi ou la charité est péché, car sans la foi il est impossible de plaire à Dieu.
Réponse : La parole de Pierre est contraire à cette opinion. Même explication qu'au paragraphe 4.
— Les hommes justes vivent dans le péché. Réponse : Cet article est faux, car les hommes
justes peuvent être pendant quelque temps sans pécher, ainsi que l'a affirmé le Christ en parlant de ses disciples.
— Les enfants mourant sans autre souillure que le péché originel sont condamnés aux flammes éternelles.
1. Moine augusUn, général de son ordre en 1357, mort en 1358* Voir TiRABOSCHi, voL V, p. 144; Bavle, vol. Xll, p. 531.
CARACTÈRE DE LA RÉFORME EN ITALIE
-Réponse : Cet article^ne doit pas être prêché,. car il est contraire à l'opinion commune de l'Église, bien que son auteur soitGpé^oii?e de Rimini, auteur non iDéprou-vé. Le passage de saint Augustin «qui semble confirmer cette opinion estexpliqué par les docteurs ; il convient donc de s'abstenir.
— Le précepte relatif à l'amour ie Dieu ne p«ut être suivi, conformément à ila loi, que par celui qui est parv^enu au plus haut degré de la charité.
Réponse : Les ordres de la loi sont donnés pour être exécutés « sur la route de la perfection », car Dieu, a dit saint Jérôme, n'a rien ordonné d'impossible.
— Les hommes les plus saiots pèchent iparce qu'ils manquent de charité.
Réponse : Les justes en charité méritent la vie éternelle ; s'ils pèchent dans leur amour de Dieu, ils méritent la damnation ^
En 1545, GianiPictro>Ferrelti, sufiragantde Brescia, puis évêque de I^avallo, énumérait ainsi les erreurs des hérétiques ^ :
«Parler contre les décisions de l'Église, les canons, les résolutions des conciles.
Posséder des livres défendus.
Penser que la foi seule peut justifier et:proourer Je salut sans les œuA^xes.
jNier la confession.