‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 76 sur 470 · PASQUINADES · texte numérisé non relu

PASQUINADES

mît en prison un libraire qui avait relié et vendu quantité d'exemplaires de ces deux livres. D'autre part, le Pasquillus se trouve cité dans la première nomenclature des livres défendus publiée en 1543*.

Le succès do ce libelle fut si grand que dès 15'*7 il était traduit eu français sous ce titre : Les Visions de PasquiUe, le jugement d'iceluy ou Pasquille prisonnier avec le dialogue de Probus, s. 1., 1547.

Le Pasquin que Curione fait parler ne le cède pas à celui qui à Rome servait de porte-parole à tous les mécontents ; son langage a la même verdeur et aussi peu de retenue. Du reste, le Pasquin romain s'était peu à peu transformé, comme on l'a dit, depuis ses premiers balbutiements du commencement du siècle ; il était devenu amer et satirique ; voici de quel ton il parlait :

De Jules II, Pasquin avait dit- :

Il vendit Rome, et les choses saintes, et les honneurs. Il n'est rien qu'il ne vende pour faire Rome d'or.

Lors de la mort du pape, Pasquin proposa, entre autres épitaphes, celle-ci :

Jules par sa faute a pris le monde entier ; 11 a vendu les (Vieux, mais lui n'y est pas.

Au temps de Léon X, il disait :

Donnez-moi des dons, spectateurs, pas des vers.

Seule en impose aux dieux de Téther la sainte monnaie.

1. Joseph Hif.oers, Ber Index der verbofenen Rucher, Fribourg, 1904, p. 483.

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