‹ LA REFORMEChapitre 2 sur 21 · H PRÉFACE · texte numérisé non relu

H PRÉFACE

rOrient! voix de TOccident! voix des quatre vents ! malheur à Jérusalem et au temple ! »

^ Personne ne Técouta, jusqu'au jour où, frappé par la pierre d'une baliste, il tomba en disaut : « Malheur à moi ! » Le petit nombre de personnes qui ont suivi en politique la ligne que j'ai cru devoir adopter, non par intérêt ni ambition, mais par simple goût du bien public, sont les plus complètement vaincues dans la funeste crise qui se déroule sous nos yeux; mais je tiens essentiellement à éviter le reproche d'avoir refusé aux affaires de mon temps et de mon pays l'attention que tout citoyen est obligé d'y donner. Au point ou en sont venues les sociétés humaines, il faudrait faire peu d'estime de celui qui rechercherait avidement une part de responsabilité dans les affaires de son temps et de son pays. L'ambitieux à l'ancienne manière, celui qui mettait son plaisir, son honneur et son espérance de fortune dans la. participation au

PRÉFACE. m

gouvernement, serait de nos jours presque un non-sens, et si, à l'heure qu'il est, nous voyions un jeune homme aborder la vie publique avec cette espèce d'ardeur un peu vaine, cette chaleur de cœur et cet optimisme naïf qui caractérisèrent, par exemple, l'époque de la Restauration, nous ne pourrions retenir un sourire, ni nous empêcher de lui prédire de cruelles déceptions. Un des plus mauvais résultats de la démocratie est de faire de la chose publique la proie d'une classe de politiciens médiocres et jaloux, naturellement peu respectés de la foule, qui a vu son mandataire d'aujourd'hui humilié hier devant elle, et qui sait par quel charlatanisme^ on a surpris son suffrage. Toutefois, avant de proclamer que le sage doit se renfermer dans la pensée pure, il faut être bien sûr qu'on a épuisé toutes les chances de faire entendre la voix de la raison. Quand nous aurons été dix fois vaincus, quand dix fois la foule aura préféré à nos avis les déclamations des complai-

Page 1