La réforme
A l'époque de la Réforme il se trouva, dans l'un et l'autre parti , des hommes considérables et influents, des princes, des prélats, des théologiens, animés du sincère désir d'opérer ou d'avancer au moins la réconciliation des corps déjà séparés par le schisme ou qui allaient l'être, la fusion de l'Église catholique et des communions protestantes. Mais de quelque manière qu'on s'y prît, quelques moyens que l'on proposât, aucune de leurs tentatives ne put aboutir. Alors même que les négociations, commencées sous de favorables auspices, semblaient promettre d'abord un résultat heureux, on finissait toujours par arriver à quelque point pivotai, à quelque question irritante, où toute conciliation cessait d'être possible; ou bien, l'un des deux partis s'apercevait avec effroi que dans l'entraînement de la discussion il s'était déjà laissé emporter hors du terrain de ses propres principes. Il arrivait donc que toutes les entreprises de ce genre échouaient en définitive, et que le plus souvent leur seul résultat était de rendre plus sensible et plus évidente la profondeur de l'abîme creusé entre les deux camps opposés. Si toutes les tentatives de conciliation échouèrent, si le schisme devint définitif, il ne faut l'imputer ni à l'irritation de quelques esprits aigris, ni aux dispositions querelleuses de quelques autres, ni même à la puissante influence des passions et des intérêts temporels que la cause protestante eut pour auxiliaires. C'est au cœur même de la nouvelle doctrine, dans le dogme de la Justification de Vhomme, qu'il faut chercher la cause réelle d'une si profonde incompatibilité. Sur ce point, en effet, il n'y avait pas d'accord ni d'entente possible, et le plus simple rapprochement même était illusoire.