POUR LA BIBLE
gile selon saint Matthieu, ch. xn, y. 8, on lit : « Le Fils de l'homme est maître du sabbat même, » et la glose ajoute : « Celui qui croit en Jésus-Christ est au-dessus de toutes les lois, et la loi ne l'accuse point. »
L'exclusion de la charité ou des œuvres, de toute coopéralion à la justification et à la sanctification de l'homme, est surtout inculquée dans les gloses qui accompagnent les Actes des Apôtres et l'Ëpître aux Romains. Saint Paul (Act., ch. ii, x. 38), annonçant aux Juifs que la pénitence et le baptême sont des conditions du salut, la glose interprète ainsi ces paroles : « Voyez, ces gens-là deviennent pieux par la parole, sans œuvres, et sont obligés d'expier leur sainteté antérieure. » Si le même apôtre (Actes, iv, 12) déclare qu'aucun autre nom n'a été donné,|par qui nous puissions être sauvés, que le nom de Jésus, la glose en tire cette déduction : « Voilà qui s'appelle complètement supprimer la justice des œuvres. » Au verset 39 du chapitre xiu du même livre, où d'ailleurs, dans l'intérêt du système, le texte a été altéré déjà dans la traduction, Luther, pour rendre sa traduction encore plus efficace, ajoute : « La foi en Jésus-Christ justifie sans aucune œuvre. >» Enfin, lorsque saint Paul, Actes, ch. xvi, i\ 31, dit au geôlier de Philippes que la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ est une condition du salut, le réformateur s'empresse d'écrire en marge : « Ainsi cet homme est également justifié par la foi, sans œuvres ni loi. »
Dans l'Épître aux Romains, ch. m, ^. 31, saint Paul proteste contre l'injustice de ceux qui le soupçonnaient de vouloir, par sa doctrine sur la foi, dépouiller la loi ancienne de son importance et de son autorité : « Loin de nous cette idée, » dit-il, « nous établissons au contraire la loi. » La glose jointe à ce passage donne à entendre que cet établissement de la loi consiste en ce que celui qui croit s'impute l'accomplissement de la loi par Jésus-Christ, et se trouve ainsi dispensé de l'accomplir lui-môme : « La foi accomplit toutes les lois ; mais les œuvres n'en accomplissent pas une syllabe. » Au ch. XI, f, 32 de la même Épître, saint Paul affirme qu'il avait plu à Dieu, pour l'économie générale de l'œuvre du salut, de laisser pendant quelque temps tous les peuples, le peuple hébreu aussi bien que les Gentils, dans l'infidélité et