‹ La réformeChapitre 102 sur 270 · J52 GLOSES DE LUTHER · texte numérisé non relu

J52 GLOSES DE LUTHER

le péché, afin de leur faire ensuite miséricorde; mais de ce qui n'est indiqué ici que comme un état temporaire, précurseur de l'état chrétien, le glossateur en fait une règle universelle et permanente, d'après laquelle le chrétien luimême ne peut jamais arriver à une véritable justice, et qui, au contraire, une fois pour toutes, condamne toute justice humaine. «Remarquez bien cette parole capitale , ^^ dit la glose, «< qui condamne toute œuvre, toute justice humaine, » et qui n'exalte que la seule justice de Dieu qu'il faut obte- » nir par la foi. »

Dans l'Epître aux Galafes, ch. ii, i\ 17, l'Apôtre soutient, contre le sentiment de saint Pierre, que c'était faire de Jésus- Christ le ministre du péché, que de considérer comme péché la fréquentation des incirconcis, conforme cependant à la doctrine de Jésus. Mais la glose de Luther extrait de ce passage toute la doctrine touchant reflicacité exclusive de la foi, et affirme que ce serait blasphémer et renier Jésus-Christ que d'attribuer à la charité et à ses œuvres la moindre coopération à la sainteté et au salut des hommes :

« Celui qui veut se sanctifier parles œuvres, agit comme si Jésus-Christ, par son ministère, sa mission, sa prédication et sa passion, faisait d'abord de nous des pécheurs, qui ont à être sanctifiés par la loi. C'est là renier , crucifier , blasphémer ic Christ, et réédifier le péché qu'avait auparavant détruit la prédication de la foi. »

L'exhortation de l'Apôtre à Timothée (Il Tim., ch. ii, y. ITî), de bien dispenser (opôcTou,£Îv) la parole de vérité (ce que Luther traduit par « bien diviser la parole de vérité), » fournit au glossateur une occasion d'abriter sous le texte biblique sa doctrine principale et favorite, touchant l'opposition entre la loi et l'Evangile : suivant lui, saint Paul exhorte Timothée « à » ne point confondre la loi avec V Evangile, mais à chasser la » loi, à la repousser contre les hommes grossiers, les endur- >' cis et les méchants, et à consoler, avec l'Evangile, les ti-~ » mides, les affligés et les gens pieux. »

Nous avons déjà fait voir comment Luther, dans sa traduction, s'efforçait, soit d'effacer la pureté de cœur si fréquemment recommandée et exigée dans l'Ecriture, soit à lui substituer une signification tout-à-fait particulière, et que

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