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IDEES DE S. PAUL

renouvellement, une vivification de l'homme intérieur, de l'homme moral. C'est pour cela que, parmi les œuvres de Jésus- Christ, il rapporte plus particulièrement à notre justification la résurrection du Sauveur (Rom., ch. iv, f. 25), et que, dans le chapitre sixième, il rattache constamment cette résurrection à la régénération des fidèles. Il demande, pour que les fidèles aient la foi justifiante, qu'ils croient en celui qui ressuscita Jésus-Christ (Kom., ch. iv, j, 24; ch. x, f, 9). De même qu'il a coutume de représenter la rémission des péchés comme un effet du sacrifice de Jésus-Christ, de même il voit dans la régénération intérieure de l'homme une conséquence de la résurrection , cette régénération étant un effet de l'action du Saint-Esprit, qui ne peut être envoyé qu'après la résurrection du Messie et son retour auprès de son Père (Saint Jean, ch. xiv, i. 21).

Il est tellement vrai que dans le système de saint Paul la justification consiste dans le renouvellement, que, dans FEpîtreàTite (ch. m, f. 5), il comprend à la fois, dans le salut ou la justification , qui sont ici synonymes, et le bain de la régénération ou le baptême, et le renouvellement du Saint- Esprit , et fait dériver de l'un et l'autre la justification {t. 7). Il est donc impossible d'admettre qu'il ait pu considérer le renouvellement ou la sanctification comme un effet ou une conséquence de la justification ; mais, tout au contraire, il peint la justification (la déclaration que l'homme est juste) comme l'effet de l'esprit de rénovation abondamment répandu sur nous, et c'est pour cela qu'il décrit, dans l'Ép. aux Coloss., ch. II, f . 3, la justification comme une vivification.

Conformément à cette doctrine, la justice (^ixaicaûv/î), l'état où l'homme est placé par l'acte de la justification, a chez saint Paul tout le caractère d'un état moral, d'un habitm intérieur, et nullement celui d'une simple rémission des péchés, d'une simple imputation d'une justice extérieure. La maladie dont le péché du premier homme et ses suites affligèrent le genre humain est, selon saint Paul, le grand mal contre lequel est dirigé le bienfait de la Rédemption. Le spécifique opposé à ce mal, « le don de la justice, » est, à ses yeux, proportionné à la nature du mal,^ comme bien moral ayant d^s effets analogues. Pour lui, il ae songeait pas plus à une

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