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TOUCHANT LA JUSTICE

simple imputation de lajustice de Jésus-Christ qu'un médecin ne songerait à guérir un malade et à le déclarer guéri, en lui imputant la sanlé d'un autre. Certainement si le mal originel eût été une simple imputation du péché d'Adam, saint Paul aurait pu, avec raison, designer comme bienfait opposé et équivalent, une simple imputation de la justice du second Adam. Mais saint Paul avait eu soin de montrer que la transmission du péché originel n'est point une simple imputation, mais un véritable principe de mal moral implanté dans la nature humaine, ne fût-ce que par son rapport de cause à effet entre la mort de tous et le péché de tous. C'est ainsi encore (Rom. ch. VI, f. 16) que l'obéissance est opposée au péché, et la justice, qui naît de l'obéissance, à la mortspirituelle qui suit lo péché. Si saint Paul, en parlant de lajustice qu'il peint comme le grand bienfait de l'Évangile, eût eu en vue une simple sentence d'imputation de la parfaite justice personnelle de Jésus- Christ, il devrait entendre par ^-.opîà tyi? (^ixatcaùvr; le don de cette justice imputée. Mais immédiatement après il exhorte les mêmes personnes à qui il vient de parler du don de la justice, à user de leurs membres comme d'instruments de justice : il emploie donc ce mot dans le sens d'une inhérence morale, bien éloigné du sens de l'imputation, et ses lecteurs ne peuvent faire autrement que de juger que dans le passage du ch. V, f. 17, le même mot est employé avec la même signification. Ainsi s'explique également le passage du ch. v, f. 17, Oli lajustice, par laquelle la grâce règne pour donner la vie éternelle, n'est évidemment pas une imputation, mais la justice intérieure réelle de l'homme converti. C'est pourquoi saint Paul aime à représenter la justice comme un don, y%^^wu.x, ^wocv, (ywpr,|i.a), partant, comme une chose réellement inhérente à l'homme, comme le don d'un talent particulier, et nullement comme un simple acte de l'Esprit divin dont i'hom* me serait extérieurement l'objet. Ce même mot x^oid^a, dont Use sert pour caractériser le don de lajustice, il s'en sert aussi, et exclusivement, pour les dons miraculeux, et toujours il entend par don un pouvoir, une faculté morale ou intellectuelle déterminée, accordée à l'homme ; il ne veut donc pas qu'on regarde la justification comme un simple changement opéré dans les intentions de Dieu, comme une impu-

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