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408 RETRACTATION DE FUNKE.
malice et avec intention la doctrine d'Osiander, et qu'on avait mis à sa charge des déductions dont il n'avait jamais eu la pensée. Mais Mœrlin démontra de son côté, avec la même facilité, que la doctrine d'Osiander est en contradiction inconciliable avec la doctrine généralement reconnue des protestants*. A Kœnigsberg, on lisait avidement les écrits de Mœrlin, conçus tout-à-fait dans le style de ses anciens sermons anti-osiandristes, et il en résulta que la paroisse de Vogel ne voulut plus ni entendre ses sermons ni recevoir la communion de ses mains. Le duc essaya de venir en aide à Vogel pardes ordonnances, où il menaçait la communauté du traitement réservé aux rebelles. En même temps, plusieurs osiandriens furent pourvus de charges ecclésiastiques par l'influence de Funke. Mais celui-ci, voyant croître de jour en jour la haine générale contre l'osiandrisme, finit lui-même par juger prudent de s'en détacher. En 1561, il se rendit à Wittenberg et à Leipzig, remit une profession de foi aux théologiens de ces deux villes, et en obtint un certificat d'orthodoxie luthérienne. Bien plus, en 1563, il alla même jusqu'à rétracter, dans quatre sermons prononcés devant sa communauté, tout ce qu'il avait enseigné jusqu'alors selon les principes d'Osiander. Mais toutes ces démarches ne purent apaiser la haine qu'il s'était attirée, ni détourner sa ruine. Les Etats de Prusse ayant appelé les Polonais à leur aide contre le duc, Funke fut condamné à mort avec deux conseillers de ce prince, Snell et Horst, par un tribunal composé de ses ennemis. Il s'était, disait-on, immiscé dans des affaires politiques, comme conseil et confesseur du duc. Dans la plainte dressée par les Etats, on commence par Taccuser, en commun avec Snell, Horst et Steinbach, d'avoir troublé et détruit tout bon ordre et toute bonne discipline ecclésiastique dans le pays. Ensuite on articulait contre Funke en particulier d'avoir pris parti pour le grand hérétique Osiander 5 d'avoir aidé à défendre sa doctrine et à la répandre par force; d'avoir contribué à la destitution et au bannissement de beaucoup de ministres et de professeurs ; d'avoir concouru, par ses conseils et ses
i « Contre la réponse du fanatique osiandrien de Prusse, M. Vogel, à mon Apologie; par Mœrlin, A, 4*