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POUR LA BIBLE

« C'est-à-dire, je ne veux point prêcher et enseigner comme eux, qui ne visent qu'aux œuvres ; mais j'enseignerai la foi qui vient de Dieu. »

Ce passage de I Moïse, ch. viii, f. 21 : « Les pensées du cœur de l'homme sont portées au mal dès sa jeunesse « énonçait aux yeux des théologiens, jusqu'à Luther, le dogme du péché originel et de la concupiscence. Mais cela ne sufïît point au réformateur, et il rattacha à ces paroles, sous forme de glose, tout son dogme de la permanence et de l'invincibilité du péché dans l'homme, de l'impossibilité d'observer la loi, et de la corruption de toute bonne œuvre par le péché.

« Ces paroles », dit la glose en question, « s'appliquent au doute envers Dieu et à tous les mauvais penchants de l'homme, lesquels sont la racine de toutes les méchantes œuvres qui suivent. Or, la sagesse humaine ne comprend point que ce venin, inné en nous depuis la chute d'Adam et d'Eve , est péché et contraire à Dieu. Et nul homme, dans cette nature détériorée, ne peut observer la loi de Dieu sans aucun péché. Dieu nous révèle cela, afin que nous reconnaissions notre misère, et que nous sachions que nous devenons justes et agréables à Dieu, non par notre propre pureté, mais par la foi, attendu que le Fils de Dieu est le médiateur qui couvre nos plaies. »

La glose ajoutée à Rom., ch. viii, f. 1, prononce d'une manière plus énergique encore la domination permanente du péché et l'impuissance de l'esprit dans la lutte contre cette domination. L'Apôtre dit : «< Il n'est donc maintenant rien de condamnable en ceux qui sont en Jésus-Christ; » mais Luther glose ainsi : Bien que le péché sévisse encore dans la chair y ce- » pendant il ne damne point, parce que l'esprit est juste et » lutte contre lui. Là où n'est point l'esprit, la loi est trans- » gressée et violée par la chair, et ne saurait servir de rien » à l'homme, si ce n'est à le mener au péché et à la mort. » C'est pourquoi Dieu a envoyé son Fils et l'a chargé de nos » péchés, et nous a aidés de cette manière, par son esprit, à » accomplir la loi. >»

Une autre glose, saint ^Matthieu, ch. xxvi, > . 10, était destinée à venir en aide à cette doctrine de Luther, que l'homme, certain de sa foi, est certain aussi de ses bonnes œuvres, vu que celles-ci naissent de la foi spontanément et par une né-

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