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LA POÉSIE

Mais le temps n'est plus au rire, à la folie pacifique. On fulmine des bulles et des anti-bulles, on élève des bûchers où l'on brûle des livres et bientôt môme des gens. Les papes et les empereurs, les princes et les évêques s'émeuvent; on rassemble des dictes, on parle presque de concile. Erasme est compromis par la familiarité, par l'admiration des petits; et les grands l'avertissent ou le consultent. Il se tient à l'écart des premiers. Il adresse aux autres des plaisanteries à double entente ou des conseils tout politiques, et il revoit les éditions de ses anciens ouvrages et en publie de nouveaux fort érudits et en dehors des préoccupations qui agitent les esprits et remuent le inonde. Mais la tempête gronde.

L'ami d'Erasme, l'allemand Holbein, avantde partir pour l'Angleterre, oi"i il fit ses chcfs-d'œuvres, avait représenté le doute né de la renaissance païenne, dans la fameuse danse macabre de Bàle où il jette pêle-mêle dans la même ronde les vivants et les morts, les anges et les démons, les rois et les fous. Maintenant Albert Durer, le peintre Nurembergeois, aimé des patriciens de la ville et autrefois de Maximilien, dont il avait peint le triomphe, commence à animer ses peintures religieuses, jusque-là partagées, comme à Cologne, entre la vieille manière byzantine et l'imitation italienne, d'un souffle évangélique tout nouveau mais modéré cependant, comme dans ses deux évangélistes, Jean et Marc, et les Apôtres Pierre et Paul, à Nuremberg. Mais le véritable artiste de la rcfornialion c'est ie Saxon Lucas Craiiach, l'ami de Luther, le favori de Frédéric le Sage et de son successeur Jean le Constant. 11 abandonne tout à fait alors la mythologie païenne aussi bien que les sujets tirés du martyrologe et de la liturgie pour propag(;i' avec le dessin riiispiralion nouvelle. On surpi'end

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