‹ La Réforme Monétaire anglaiseChapitre 1 sur 31 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

| L'or servait avant la guerre d’étalon des valeurs dans la plupart des nations civilisées. Son usage comme tel ne remontait pas à une date très ancienne, Au XIX° siècle, il avait longtemps partagé ce rôle avec l’argent et il n’était parvenu à supplanter le métal blanc qu’au bout d’une âpre controverse. Dans les premières années du XX° siècle, sa suprématie était incontestée.

Cet étalon-or avait, du reste, d’inappréciables mérites. Le principal était sa stabilité. La production annuelle de métal jaune variait peu, L'industrie en absorbait une part, Le surplus s’'employait à satisfaire les besoins d'instruments monétaires qui augmentaient avec le dévelopement de la richesse et de Ia production. Ainsi le niveau des prix se trouvait dans l’ensemble maintenu stable, tout en manifestant une légère tendance à la hausse qui favorisait l'essor du commerce mondial.

La stabilité relative de l’or avait été encore accrue par la politique instinctive ou raisonnée des grandes banques: centrales. Tandis qu’à l’origine l'augmentation du stock de métal qu’elles détenaient

[RRRIE

se traduisait immédiatement par une augmentation de la circulation fiduciaire et du volume du crédit, dans les années qui précédèrent le conflit de 1914, il n’en était plus exactement de même. Les Instituts

d'Emission des principales puissances, pour limiter

les variations des prix, avaient pris l’habitude de réglementer l'offre et la demande d’or, élevant la proportion de leurs réserves à leurs engagements dans les périodes où la production de métal jaune était abondante, la diminuant si l'or venait à se faire rare. C'était la naissance d’une direction de l'or.

La guerre allait rompre et précipiter cette évolution. La suppression par les belligérants de la frappe libre et de la convertibilité des billets, la multizlication des instruments de circulation et de crédit eurent pour conséquence la substitution à l’étalonor d’un étalon de papier. Seuls demeuraient fidèles au métal jaune la plupart des pays neutres. Or les nécessités militaires, en forçant les belligérants à d'énormes importations, firent refluer des quantités d'or considérables vers les nations qui ne prenaient pas part au conflit. L'or devint pour elles surabondant et la dépréciation qui en résulta y provoqua une forte hausse des prix.

Pour remédier à cet inconvénient, diverses mesures furent envisagées et mises à l'épreuve. La Suède, fermant son Hôtel des Monnaies et refusant le métal jaune qui perdait de sa valeur, rêva d’une monnaie de papier sagement contrôlée qui pourrait s'élever au-dessus de l’or. L'expérience, malheu-

LS

Page 1