‹ La Réforme Monétaire anglaiseChapitre 17 sur 31 · POURCENTAGE DU CHOMAGE 10994 41020 0 PT · texte numérisé non relu

POURCENTAGE DU CHOMAGE 10994 41020 0 PT

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Ainsi le pourcentage des chômeurs qui était de 10. environ en 1924, passe à 11.2 en mai 1925, à 12.5 en août, retombe à 10.5 en décembre de la méme année et à 9.2 en avril 1926 pour s'élever, à la suite de la grève générale et de Ila crise minière, à 14.5 en mai, à 14.7 le mois suivant (sans qu'il soit tenu compte dans ces chiffres de l'effectif des mineurs qui chôment au complet) et restent aux environs de 14 jusqu'aux preniiers mois de 1927 où nous le voyons descendre progressivement pour se relever très légèrement en juillet.

Ce tableau est plus éloquent encore si derrière le pourcentage on cherche à découvrir le nombre des chômeurs. D'un million environ en juin 1924, il passe à un million trois cent mille en mai 1925 et à* un million six cent mille en juin. Quelque énorme

que soit ce chiffre global, il ne donne encore qu’une idée très imparfaite de l'intensité de la crise dans certaines industries. Tandis, en effet, que quelquesunes sont relativement peu éprouvées, comme, par exemple, l'imprimerie, les manufactures de produits électriques, les chemins de fer, le vêtement et, en générall, celles qui travaillent pour le marché intérieur, d’autres, comme l'industrie cotonnière, la poterie, ont un chômage notablement supérieur à la moyenne. Dans certaines branches même, comme les constructions navales, plus du tiers de l'effectif demeure sans emploi |!

Il faut noter aussi que les statistiques du Minis- ‘ère du Travail ne tiennent compte que des ouvriers régulièrement inscrits pour toucher les indemnités de l’Insurance Act; ceux qui négligent de le faire viennent donc encore s'ajouter aux chiffres déjà très forts du tableau précédent. En outre, et cette considération est peut-être la plus importante, ces statistiques ne nous donnent aucun renseignement sur le travail réduit ou short time, sorte de chômage dilué qui sévit dans plusieurs industries, notamment dans l’industrie textile. Il consiste dans une réduction des heures du travail, et il est parfois poussé si loin que les ouvriers ne travaillent plus que trois ou quatre jours par semaine.

On a objecté, il est vrai, que le chômage n’était pas un indicatif parfait de la dépression économique dont souffre l'Angleterre. M. Layton a même prétendu qu'il était normal et qu'il résultait de l’aug-

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mentation de la population, le nombre des émigrants ayant, depuis la guerre, fortement diminué. Il convient donc, pour se rendre compte exactement de l’état réel de la production anglaise, de pénétrer d’un peu plus près dans quelques-unes des principales industries. Nous nous bornerons à des exemples typiques.

Dans l’industrie des constructions navales qui détient, comme nous l'avons vu plus haut, le record du chômage, il ressort d’une enquête faite par une commission mixte de patrons et d'ouvriers que la marge moyenne laissée par le coût des matières premières et des salaires est si faible qu'elle est entièrement absorbée par le paiement des impôts locaux et qu'il ne reste rien pour la rémunération de l’administration et des capitaux investis (2). Le bénéfice net de quarante chantiers de constructions qui était de 415.000 livres sterling en 1924 s’est transformé en 1925 en une perte de 734.000 livres.

Parmi les industries textiles, l’industrie cotonnière qui fait la richesse de Manchester et du Lancashire a connu également en 1925 et en 1926 une crise extrèmement grave. Les exportations qui étaient en 1913 de 7.075.252.000 yards sont tombées, en 1925, à 4.435.6:17.800 yards et en 1926 à 3.834.447.700 yards. Les valeurs exportées sont passées respectivement de 97.775.855 de livres sterling à 150.627.835

“ (2) Voir à ce sujet un article de l'Economisi, 26 juin 1926, PD. 1237.

et 116.052.586. Si l’on tient compte de l’augmentation des prix depuis 1913, on voit l’importance du malaise qui pèse sur cette industrie.

La même impression se dégage d'un examen rapide des conditions où travaillent les industries métallurgiques. À se borner aux aciéries, on constate que les bénéfices de neuf des compagnies les plus importantes sont passés de 2 millions de livres environ en 1913-14 à 1.800.000 en 1924-2b. La production a également diminué.

Mais où le marasme est encore plus sensible, c’est dans l’industrie charbonnière. La crise y a même été si grave qu'elle a abouti à la cessation du travail de mai 1926 à décembre de la même année, dans des conditions qui sont bien connues et que nous n'avons pas à rappeler ici. Qu'il nous suffise, pour compléter cet examen de l’état économique de l’Angleterre dans les années qui ont suivi l'adoption du Gold Standard Act, de faire le bilan de la crise minière qui n’a été, semble-t-il, que la forme aiguë du malaise dont tout le pays souffrait.

Il n’y a qu'à songer un instant au rôle que joue le charbon dans la vie industrielle et commerciale anglaise pour comprendre ce que la grève a pu coûter au Royaume Uni. La cessation de l'extraction du charbon signifiait à la fois que les principales indus-

tries devraient recourir à l'étranger pour s’alimenter en combustible nécessaire à leur production, et d'autre part, que le commerce britannique manquerait de ce fret de retour qui est la base des relations

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maritimes anglaises et qui explique à lui seul, aux yeux de certains, la prospérité prodigieuse du Royaume Uni au siècle dernier.

La production totale de charbon qui s'était élevée en 1925 à 2b0 millions de tonnes contre 287 millions en 1913 est tombée en 1926 à 113 millions. Dans la seule industrie minière, 126 millions et demi de journées de travail ont été perdues, et, toujours pour cette seule industrie, le coùt de la crise peut être évalué à go millions de livres sterling, dont 60 millions en salaires.

Mais ses répercussions sur les autres industries ont été plus graves encore. La production mensuelle moyenne de fonte qui variait entre oo et 550 milliers de tonnes dans les mois qui ont précédé la crise, tombait à 89.000 tonnes en mai 1926 et à 13.000 tonnes de septembre à novembre de la même année. Pour l'acier, les chiffres sont analogues: ils passent de plus de 700.000 tonnes par mois dans le premier trimestre de 1926, à 45.000 tonnes en mai, à 32.000 en juillet, pour ne se relever à plus de 700.000 tonnes qu'en janvier 1927.

Si les industries métallurgiques ont été les plus directement éprouvées par la grève des mineurs, elles n'ont pas été les seules : les autres industries en ont considérablement souffert. Il est curieux de comparer le nombre des chômeurs dans diverses branches de la production avant le conflit et six mois aprèsle début de la crise. On obtient le tableau suivant :

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