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avec l'accélération du déficit de la balance commerciale qui existait d’ailleurs depuis mars 1924, et atteignait fin juillet 1925 un total de 718 millions de zlotys. Le poste des échanges commerciaux paraît le plus important dans la balance des comptes de la Pologne. (Voir Tableaux III et IV.) Les autres, tant du passif que de l'actif, sont difficiles à chiffrer et semblent donner en définitive un solde actif peu élevé d’environ 180 millions pour 1924 ; il y a lieu de signaler parmi eux les envois de fonds des émigrants (120 millions) contre-balancés par les dépenses des touristes à l’étranger (100 millions) ; les crédits obtenus par les Banques (60 millions) ou par les particuliers (120), avec, en contre-partie, 50 millions d’intérêts et remboursement de crédits privés. Quant aux charges de la dette extérieure consolidée pour la plus grande part fin 1924, elles ne devaient s’élever en 1925 qu’à 42 millions environ.
On peut donc dire que la balance commerciale constitue le principal élément de la balance des comptes, dont elle fixe en définitive le sens, avec un certain retard toutefois, bien entendu, en raison du délai nécessaire aux règlements des engagements. Au cours de 1924, la balance du commerce a accusé un déficit de 212 millions ; la balance des comptes est malgré tout restée en équilibre, grâce au solde actif de 180 millions environ des autres postes et aussi au décalage dans les règlements. C’est ce qui ressort
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d’ailleurs de l'examen du compte « Devises » au Bilan de la Banque ; ce compte a progressé de 50 millions entre mai et décembre, tout en fournissant sans limitations les devises nécessaires au commerce extérieur.
Durant le premier semestre 1925, le déficit croissant de la balance commerciale n’avait pas encore rendu passive la balance des comptes, grâce à l’appoint de 35 millions de dollars, première tranche de l'emprunt de 50 millions consenti par la Firme Dillon, Read et Cie, et garanti par un impôt sur le sucre et en cas de besoin par les revenus des chemins de fer. Malgré cet appoint, la Banque avait dû utiliser 147 millions de devises pour solder le déficit d’exportations et maintenir l’équilibre du bilan des comptes. Ce dernier ne bénéficiait, en effet, pour ainsi dire pas, ainsi qu’il ressort des chiffres ci-dessus, de crédits commerciaux extérieurs, car le capital international n’avait pas encore confiance dans la situation économique du pays. Or, ces crédits sont d’une grande importance en ce qu’ils permettent de diminuer les oscillations du bilan commercial sans entamer les réserves de devises, dès que la balance devient passive. Par suite de l’inexistence presque totale de tels crédits en Pologne, ou de leur échéance trop rapprochée, — une fois le produit des emprunts étrangers employé, le solde passif de la balance allait influencer de tout son poids le bilan des comptes,
donc le portefeuille de change de la Banque. Fin août, ce portefeuille n’était plus en état de régler les différences résultant de l'excès d’importations, et la balance des paiements apparaissait nettement déficitaire.
Les chiffres du commerce extérieur de 1924, comparés à ceux de 1923, accusaient un recul important tant à l’entrée qu’à la sortie, en ce qui concerne le poids des marchandises (700.000 tonnes à l’importation et 2 millions à l’exportation), alors qu’au contraire, par suite de la hausse des prix, leur valeur avait beaucoup augmenté.
1923 Exportations : 1.195 millions zlotys Importations : 1.116
1924 Exportations . 1.265 ——— Importations : 1.478 ——
En définitive, l'actif de 80 millions en 1923 a fait place à un passif de 212 millions. (Voir Tabeau IL.) Les mêmes caractéristiques existent dans les chiffres du premier semestre 1925, mais avec une forte aggravation, puisque pendant cette période par rapport à 1924, les importations augmentent de 338 millions, les exportations diminuant d’une trentaine de millions. Pour les trois premiers mois de 1925 par rap-
port à 1924 également, les entrées passent de 589.000 à 919.000 tonnes ; les sorties en poids diminuent notablement comparées à fin 1924.
L'examen des divers postes de la balance commerciale permet de se rendre compte d’où provient, pour la plus grande part, ce déficit constant depuis mars 1924 et particulièrement accentué à dater du début de 1925. L’étude de la balance du premier semestre 1925 comparativement à celle de 1924, permettra d’en déterminer clairement les raisons.
On constate d’abord un accroissement du besoin de consommation qui se traduit par une entrée plus grande des produits dits de luxe (vins, fruits, café, thé, habillement), soit par un excédent d’entrées de 43 millions, 13 % du total de l’augmentation de 1925. Le bilan des choses indispensables à la vie accuse un passif de 116 millions, le tiers du total ; cette situation est due particulièrement à une plus-value d'importation de céréales et farines de 150 millions, par suite de la mauvaise récolte de 1924. La viande sur pied et abattue, les œufs marquent au contraire une forte augmentation à la sortie (93 millions). Pour le sucre, on trouve un excédent d’entrées de 49 mil- : lions, ce qui est en réalité fictif, et tient aux fortes ventes effectuées fin 1924 plus tôt que d'habitude : la campagne de 1924-25 a d’ailleurs donné 535.000 tonnes contre 414.000 précédemment. Si donc des 116 millions on défalque les 49 dus à l’excédent non
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définitif d’importation de sucre, le bilan n’accuse qu’une moins-value de 67 millions.
Ces plus-values d’entrées (produits de luxe et d’alimentation) n’ont donc pas influé de façon décisive sur la tenue de la balance. Par contre, le bilan industriel est foncièrement mauvais, avec une forte aggravation en 1995. Le charbon, qui tient une grande place dans le commerce polonais, est en déficit d’exportation d’un million de tonnes pour 89 millions de zlotys, ce qu’il faut attribuer en majeure partie à la grande baisse du prix de ce produit sur le marché mondial, et au commencement de la guerre doua- nière avec l'Allemagne. Dans la métallurgie, le déficit atteint 43 millions, en raison d’une augmentation de l’importation des automobiles, des machines agricoles, textiles et autres. Dans le textile, il arrive à 103 millions, surtout par suite de l’excédent d’entrées du fil et autres produits fabriqués.
Le bilan industriel se présente ainsi en déficit de plus de 200 millions, et montre par contre une diminution importante en poids pour les matières premières nécessaires à l’industrie (laine et fer en particulier). Ses caractéristiques font apparaître une augmentation importante d’entrées de produits fabriqués qui inondent le marché polonais, et un ralentissement dans l’industrie du pays par suite de la diminution de l’entrée des matières premières. C’est donc bien le bilan industriel qui a le plus influé sur