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LA CRISE ÉCONOMIQUE

a) DiIFFICULTÉS PROPRES A L'ÉCONOMIE POLONAISE

Le déficit du bilan industriel, fort accentué au début de 1995, apparaissait donc comme le signe de la crise qui sévissait depuis l’arrêt de l'inflation. L’économie n'avait nullement d’ailleurs cherché auparavant à améliorer ses prix de revient ; elle se contentait de produire le plus possible dans n’importe quelles conditions, sachant qu’elle ne serait pas embarrassée pour écouler ses marchandises, La hausse des prix, consécutive à l’annonce de la stabilisation, ne permit plus de masquer les faiblesses organiques demeurées jusqu'ici cachées.

L'agriculture souffrait, en effet, du fait que la grande majorité des paysans étaient dans une situation précaire, ne possédant pas suffisamment de terres pour se nourrir, tandis que les grandes propriétés étaient soit incultes, soit cultivées à l’aide de procédés surannés, — sans parler des difficultés d’écoulement des produits, d’un prix d’ailleurs fort peu élevé.

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L'industrie, de son côté, ne pouvait guère compter sur le marché intérieur, vu le pouvoir d’achat restreint d’une population composée de consommateurs peu fortunés ou dont la capacité d’absorption était fortement diminuée, à la suite de la constitution de stocks importants pendant l'inflation, et du resserrement monétaire découlant de la cessation de l’émission des billets pour le compte de l'Etat. En même temps, les marchés étrangers se fermaient peu à peu devant l'élévation des prix au-dessus des index mondiaux, élévation qui rendait manifestes les mauvaises conditions de productions internes, nullement basées sur les progrès techniques ou sur la modernisation des installations, toutes choses inaugurées depuis longtemps dans les pays voisins de la Pologne.

En outre, des raisons techniques ou naturelles, particulières à l’économie polonaise venaient handicaper certaines branches de l’industrie, principalement les mines et la métallurgie. L’éloignement de la mer, le manque de voies navigables et de chemins de fer, la perte du débouché russe, ainsi que le ralentissement de l’écoulement sur le marché allemand, principal client de l’industrie, du fait de la réforme monétaire dans ce pays voisin, étaient autant de facteurs contraires qui ont été mis en évidence lorsque la concurrence a commencé à se faire librement sentir, au jour de la stabilisation. Si l’on ajoute à tout ceci le manque de fonds de roulement, par suite de leur

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