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quence pratique en raison de l’énorme différence du taux officiel et de celui des transactions privées. Ces mesures ainsi que la chute du zloty, déterminèrent une ruée des déposants vers les guichets des Banques, qui ne purent faire face aux demandes trop importantes en regard de leurs faibles disponibilités. Certaines d’entre-elles fermèrent leurs guichets, les autres réduisirent les demandes ; un moratoire dut être établi. La Banque de Pologne voyait également ses dépôts diminuer (de 84 millions en décembre 1924, ils sont passés à 49 fin 1925). Devant l’arrêt à peu près complet des opérations de crédit dans les établissements privés, le réescompte à la Banque constitua la seule source de crédit, ce qui explique le maintien du chiffre de portefeuille.
En juillet 1925, avant la panique, les dépôts de tous genres (Caisses d'épargne diverses, Banques privées, coopératives, comptes de chèques postaux) s’élevaient à 643 millions, soit 20 % du chiffre de 1913 (3 milliards), tandis que la circulation totale était de 746, soit 40 % du chiffre de 1913. C’était l’expression de la perte subie par l’économie du pays depuis 1913 et du manque consécutif de capitaux. La comparaïison de ces chiffres fait ressortir l’impossibilité pour l’économie de se relever des ruines de l’inflation, sans le concours de crédits étrangers, que M. Grabski avait, au cours de 1925, vainement essayé d’obtenir, en reconnaissant lui-même la nécessité devant la diminu-
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tion rapide de la réserve de devises de la Banque. Les quelques crédits obtenus étaient insuffisants et avaient été rapidement consommés. Les difficultés croissantes de la Banque et la mauvaise situation économique ne pouvaient tenter les capitaux étrangers qui exigeaient des conditions léonines pour s’employer en Pologne ; on ne comptait qu’une très faible importation d’argent sous formes de participations ou constitutions de sociétés. M. Grabski n’avait même pas pu obtenir la deuxième tranche de 15 millions de l'emprunt consenti par la firme Dillon Read et Cie. Les crédits commerciaux n’ont d’ailleurs joué qu'un rôle peu important dans la balance, et leur retrait, au moment de la chute du zloty, n’a fait qu’aggraver la crise.
Cette pénurie de crédits et les taux élevés pratiqués avaient amené une réduction importante de l’industrie, au-delà de celle commandée par la nécessité de la disparition des entreprises champignons, nées au cours de l'inflation et ne pouvant vivre que par elle. Ils avaient contribué à maintenir élevé Île coût de production, facteur essentiel depuis la stabilisation dans la concurrence de l’industrie polonaise sur les marchés étrangers, alors que les salaires, relativement bas en Pologne, mettaient l’industrie dans une bonne situation.
Avec l’accélération de l'inflation et la hausse des prix, malgré l’échelle mobile, la valeur réelle des
salaires des ouvriers avait subi une dépréciation, eu égard au coût de la vie. Aussi, après la réforme monétaire et la valorisation, les salaires étaient-ils inférieurs en général à ceux de 1913, et l’on peut dire que la Polôgne n’était pas handicapée par leur élévation, à l'exception toutefois des charbonnages où l’on avait suivi et même dépassé la dépréciation de la monnaie. La plus grande difficulté provenait du faible rendement individuel : la productivité du travail de chacun était beaucoup moins grande qu’autrefois. Toutefois, on réussit assez vite, devant l’importance de l’arrêt de la production et du chômage, à comprimer les salaires à partir de juillet 1924, et des ententes particulières arrivèrent à porter dans bien des branches la durée du travail de 8 à 10 heures. D'une façon générale, l’entrepreneur polonais fut alors favorisé, vis-à-vis de l’étranger, par des salaires inférieurs à ceux des autres pays, avec une amélioration certaine du rendement.
En comparant les salaires réels moyens de Varsovie et de Londres dans ia métallurgie, le livre et le bâtiment, on arrive à un indice de 83 à Varsovie (Londres — 100), alors que les salaires sont plus élevés dans la capitale polonaise que dans le reste du pays (Statistique du Bureau International du Travail).
La question des salaires passe donc au second plan, faisant ressortir l’importance de celle des cré-