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qui comptait approximativement 1.500 millions de billets avant 1914.
Cette garantie légale mettait, par contre-coup, une limite à l'octroi des crédits de la Banque. Celle-ci ne pouvait d’ailleurs, de par ses statuts, et vu son rôle de Banque d’Emission, continuer la large politique de prêts de la Caisse territoriale ; seuls, ne pouvaient être dorénavant consentis que des crédits à court terme, 3 mois au plus, sur gages d’or, argent, devises étrangères, titres à intérêt fixe admis à la Bourse, ou des crédits d’escompte à trois mois d'échéance renouvelables une fois. Les prêts sur nantissements de marchandises, pratiqués de façon courante, et non sans abus par la P. K. K. P., n’étaient plus autorisés, sauf warrants bien garantis de trois mois au plus.
La politique de crédit du nouvel Etablissement ne pouvait que manquer d’envergure, puisque fonction d’une variable soumise aux fluctuations d’une balance des comptes, dont l'instabilité commençait déjà à influencer la réserve de devises vers la fin de 1924. Afin d'assurer une base solide à la nouvelle monnaie, et de pouvoir déjouer une attaque extérieure possible, en raison même de cette instabilité, la Banque avait sagement maintenu, pour ses propres. billets, pendant toute l’année 1924, une couverture de 64,89% en moyenne, donc largement supérieure au taux exigé par la loi. Au 31 décembre néanmoins, les crédits consentis avaient augmenté de 241 % par rapport au
28 avril, passant de 92,4 à 315,6 (sur lesquels 256,9 utilisés). Le taux de l’escompte officiel de 12 % avait été abaissé à 10 % le 28 novembre, alors que le taux des avances passait de 16 à 14 %Zle 16 août, puis à 12 le 28 novembre.
Le poids du crédit retombait d’ailleurs presque entièrement sur la Banque d'émission. Les Banques privées avaient, en effet, fort peu de moyens, du fait de la disparition de leurs réserves au cours de l’inflation. Avec la stabilisation, la vitesse de la circulation avait diminué et l'épargne se reconstituait peu à peu, de telle sorte que les dépôts en Banques avaient progressé de 20,9 à 175,8 millions du 31 janvier au 31 octobre (comptes de chèques et autres dépôts liquides). Mais sur ce total 87 % étaient des dépôts à vue, car chaque déposant, devant la pénurie d’argent, voulait se réserver la possibilité d’un remboursement immédiat. Cela mettait les Banques dans la nécessité de pratiquer une politique de crédit trop libérale, eu égard à leur encaisse et à la nature de leurs dépôts, politique qui restait toutefois insuffisante pour répondre à tous les besoins de l’économie, fortement gênée par les importants prélèvements fiscaux.
Les crédits bancaires privés à court terme (dans les 44 Banques principales groupant 90 % de la clientèle) s’élevaient à 213,7 millions au 30 septembre 1924 dont 117,8 crédits d’escompte et 95,9 de crédits personnels, — ce qui était bien infime par rapport
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au chiffre d’un milliard supposé en 1913 (Haute-Silésie non comprise). Devant les fortes demandes de crédit, les Banques pratiquaient un taux d’intérêt fort élevé qui, d’après l'ordonnance du 29 juin 1924, ne devait pas dépasser le double de celui de la Banque, soit 24 %, et qui en fait atteignait jusqu’à 8 % par mois. Malgré ces taux élevés, les Banques ne couvraient pas leurs frais généraux énormes qu’elles avaient jamais cherché à réduire.
Ces crédits accordés à des taux prohibitifs n’étaient d’ailleurs que des crédits à court terme. Or, si l’on manquait de fonds de roulement, les crédits à long terme, pour permettre le développement des entreprises et d’ailleurs aussi la perception de l'impôt sur le capital, étaient également fort nécessaires. Seule, la Banque de Pologne pratiquait dans une certaine mesure un crédit de 6 mois par renouvellement de traites à 3 mois. Aucun établissement public ou privé n’était en mesure depuis la stabilisation de pratiquer un crédit à terme éloigné. Le Crédit foncier de Pologne, autrefois si prospère, était dans le marasme et l'émission de lettres de gages en dollars n’avait pu aboutir. Le Gouvernement avait bien essayé de remédier à ce défaut de crédit, particulièrement nécessaire à l’agriculture, en créant la Banque de l'Economie nationale en 1924, par la fusion de trois établissements de crédit dépendant de l'Etat. Cette Banque devait procéder à l'émission de lettres de gage et obligations
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pour l’agriculture et l’industrie ; elle ne prit pas une grande extension, et l’état du marché ne lui permit pas de répondre aux demandes de prêts.
Le manque de crédit normal était donc patent. Pendant le premier semestre 1925, la crise de crédit s’aggrava devant la diminution rapide des moyens de change de la Banque. La circulation des billets restait à peu près stationnaire, mais l'inflation de monnaie divisionnaire croissait fortement vers mai; aussi, la mesure de prudence pratiquée en 1924, et consistant à maintenir pour l'émission des billets de banque, une couverture très supérieure au chiffre légal, ne pouvait plus être suivie à la suite de la sortie continue des devises, et surtout de la décision prise par la Banque, devant l'inflation de billon, d’incorporer, pour ainsi dire, cette émission dans ses propres billets et de lui appliquer la garantie de ses réserves d’or et de change, afin de soutenir le cours du zloty ; le crédit de l'Etat ne suffisait plus comme garantie de ces émissions de monnaie.
La Banque ne pouvait, du jour au lendemain, restreindre les crédits d’escompte, d'autant plus que la situation des Banques privées devenait de plus en plus mauvaise. Aussi, le portefeuille a-t-il encore augmenté jusqu’en juillet 1925 (302 millions contre 270 en janvier). On a critiqué la politique d’escompte de la Banque, lui reprochant d’être trop libérale, et de ne pas peser suffisamment les demandes de cré-
dit ; il est certain que, vers le mois de juillet, lorsque la confiance dans la monnaie commença à être ébranlée devant les craintes suscitées par la nouvelle inflation, les demandes d’escompte ont trop souvent servi à l’achat de devises étrangères, ce qui n’aurait pas dû échapper à l’Institut d'émission. La Banque est sortie un peu de son rôle en n’accordant pas exclusivement des crédits de réserve, et quoique le rapport de cet Etablissement pour 1925 fasse mention d’une politique de déflation depuis le milieu de cette année, l'examen des postes du bilan permet d’attribuer la réduction du nombre des billets à la vente de devises et monnaies étrangères, par suite d’une balance défavorable, plutôt qu’à une réelle politique de restriction de crédits ; le portefeuille, fin 1925, était encore de 289 millions et les avances sur titres avaient progressé de 21,7 millions à 36,2. Il est vrai que la diminution constatée dans la circulation des billets de plus de 150 millions dans l’année, a été compensée et au-delà, par le développement de l’inflation de petite monnaie (de 139 à 433 millions), qui rendait donc illusoire toute tentative de déflation de la Banque, et allait amener une crise de confiance conduisant à un arrêt général du crédit.
Toutefois, le 12 août 1925, la Banque, devant la chute de la devise, avait dû contenir les demandes d’escompte et porter le taux de l'intérêt à 12 %, celui des avances à 14 %, relèvement sans grande consé-