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Si l’on fait abstraction du logement, dont le faible chiffre vient modifier la résultante générale, on constate donc que la stabilisation, faite d’après le cours des changes, a sanctionné ainsi comme base de l’économie la dépréciation extérieure, fort au-dessous de la dépréciation intérieure, donc à un niveau beaucoup trop élevé, eu égard à la parité des prix. On constate en outre, que la hausse des prix n’a fait que s’accroître à partir de juillet 1924 ; la vie s’est trouvée en Pologne considérablement plus chère que dans les pays à base or, y compris les Etats-Unis. En juillet 1995, les prix de détail ont encore fort progressé, atteignant l'indice général 155, sous l'influence de l'inflation de monnaie divisionnaire qui éveillait les soupçons les plus légitimes d’un public ayant, il y a si peu de temps encore, appris à connaître les dangers de l’émission d'Etat pour les besoins budgétaires
b) LA POLITIQUE DES PRIX
Le Gouvernement avait néanmoins essayé de peser sur les prix intérieurs, par des réductions ou sursis d'impôts, de l’impôt industriel en particulier. C’est ainsi que l'impôt spécial sur le charbon avait été diminué, puis supprimé, ce qui avait entraîné une certaine baisse de ce produit. M. Grabski n’avait d’ailleurs pu aller loin dans cette voie, car il était tenu par
l'exécution de son programme fiscal pour maintenir l'équilibre budgétaire.
Mais le principal effort du Gouvernement se porta sur la politique commerciale à l’aide de laquelle M. Grabski voulait régler les mouvements des prix à l’intérieur, de façon à avoir une balance favorable. Au cours de la dernière période d'inflation, la politique commerciale avait consisté à restreindre fortement la liberté, et particulièrement celle des exportations ; une telle politique ne favorisait guère le développement du commerce qui déclina à la fin de 1923, d'autant plus que les licences, accordées pour remédier aux abus de ce système, étaient essentiellement changeantes, en raison des mobiles divers politiques, fiscaux ou économiques qui les faisaient édicter et venaient apporter une grande insécurité dans les échanges. La balance de 1923 se solda néanmoins par un actif, mais ce n’était plutôt qu’une illusion, du fait de la faible valeur-or des prix, qui poussait à l'exportation.
Cette politique fut modifiée le 13 juillet 1924, par un nouveau tarif douanier, qui décrétait en outre la suppression du paiement en effectives espèces d’or des droits d'importation, ce qui avait jusqu'ici lourdement chargé la vie économique. Au lieu d'établir un protectionnisme rigoureux, comme le réclamait l’industrie, il y eui de nombreuses réductions de droits à l’importalion pour les marchandises, dont les prix
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à l’intérieur du pays étaient nettement supérieurs aux prix mondiaux, par suite d’un prix de revient élevé et paraissant facile à abaisser. C’était la mise en train d’un système en vue de faire baisser les prix dans les branclies où le consommateur était nettement exploité, et où le coût de production était manifestement exagéré ; en outre, le Gouvernement espérait ainsi avoir des matières premières à bon marché pour le relèvement de l’industrie. Les droits protecteurs, au contraire, étaient conservés dans certaines. industries nettement handicapées, afin de leur permettre de vivre. Le Gouvernement se réservait le droit d’abaisser par décrets, en tenant compte de la situation économique, les droits « maxima » fixés pour certains produits de première nécessité, comme les chaussures, la confection, dont les prix étaient fort en avance sur les prix mondiaux.
Cette politique eut, au début, une certaine influence sur les prix de quelques marchandises, qui baïissèrent un peu, comme le sucre, les chaussures et les vêtements. Mais elle n’eut pas, en fait, les résultats attendus, et fut impuissante à enrayer la hausse des prix intérieurs. Profitant de l’abaissement des taxes, l’importation augmenta rapidement et ce fut l’envahissement du marché par les produits similaires de l’étranger (chaussures, tricotages, machines, pommes de terre, livres, etc) ; le rendement des douanes en augmentation énorme, fit apparaître l'excès d’impor-
tations. Par contre, l’exportation, sans crédits d’ailleurs pour se développer, se réduisait ainsi qu’il ressort des chiffres du début de 1925, et les entreprises préféraient arrêter le travail, plutôt que d’abaisser des prix qu’elle n’aurait pu maintenir qu’avec perte, en raison de l’élévation du coût de production.
Cette tactique commerciale avait donc été une erreur économique en permettant une entrée trop facile aux produits étrangers, alors que l’industrie polonaise se débattait au milieu de toutes les difficultés résultant de l’arrêt de l'inflation, et qu’handicapée par de mauvaises conditions techniques ou naturelles, elle avait besoin d’être protégée afin d’aboutir à un coût de revient plus économique. Devant les résultats, qui se traduisaient par un déficit croissant de la balance du commerce en raison de la quantité d’importations, et par un épuisement des réserves en devises de la Banque, M. Grabski abandonnait ce tarif et le 27 mai 1925, adoptait une politique foncièrement protectionniste, afin d’essayer de changer l’orientation de la balance sans faire fi d’ailleurs de l'élévation des droits comme moyen d'augmenter les ressources budgétaires. Mais cette politique nouvelle n’eut pas le temps de donner de résultats, car dès le mois d’août, la Banque n’était plus en mesure de faire face aux demandes de devises pour l’exporta-
tion.
Les tentatives faites pour abaisser le coût de revient de la production, et par suite les prix, — après que l'on fût parti d’un taux de conversion des anciens marks beaucoup plus élevé que celui réclamé par la dépréciation intérieure, — n’ont pas abouti. La hausse de ces prix que l’on cherchait au contraire à comprimer, et que les conditions mêmes dans lesquelles se développait la réforme ne pouvaient nullement enrayer, a énormément pesé sur l’économie, en ne la mettant pas à même de lutter avec les produits étrangers, tant sur les marchés extérieurs que sur le sien propre. En définitive, l’écart primitif grandissant entre la parité économique maintenue artificiellement de la nouvelle monnaie et celle résultant de l'examen des conditions internes, semble avoir entraîné toute l’armature économique.