‹ La Réforme Monétaire en PologneChapitre 29 sur 36 · LE · texte numérisé non relu

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En août 1995, le zloty ayant perdu tout support, par suite de l'impossibilité pour la Banque de fournir les devises réclamées par le commerce, avait donc commencé à baisser sur le marché des changes ; après avoir perdu plus de la moitié de sa valeur en décembre 1925, il se redressait quelque peu ensuite, se tenant aux environs de 42,50 zl. pour une livre à Londres. (9 zlotys pour 1 dollar).

La hausse du change jouait le rôle de prime à l'exportation et de tarif protecteur, tendant à ramener le zloty à sa parité économique, telle qu’elle ressortait sur le marché intérieur. Les prix tendaient à la baisse avec l'amélioration de la monnaie. La balance du commerce devenait active au cours de 1926 et l’accroissement de la réserve de devises de la Banque permettait une augmentation de la circulation des billets qui était de 200 millions pour les huit premiers mois, Au 31 août 1926, le total de la circulation dépas-

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sait le milliard, dont 560 millions de billets de Banque, le reste comprenant la monnaie d'Etat qui n’a plus guère progressé depuis décembre 1995.

L'exercice budgétaire de 1926 se soldait en effet pour la première fois depuis 1918, par un excédent de recettes de 53 millions de zlotys ; celui de 1927 allait accuser à son tour 215 millions d’excédent. La régularisation de la vie économique concourait donc à la stabilisation définitive du zloty qu’il n’y avait plus qu’à consacrer, ce qui fut fait en octobre 1927 — sur la base de 8,91 zlotys pour 1 dollar — cours auquel le zloty s'était sensiblement tenu depuis le printemps 1926 ; un emprunt étranger de 60 millions de dollars, dit de stabilisation, venait assurer la réussite de l’opération et apporter les capitaux qui manquaient encore à l’économie polonaise, ainsi que d’ailleurs un crédit de réescompte de 20 millions de dollars pour un an accordé par les Banques d’Emissions étrangères.

L'expérience monétaire de M. Grabski montre que dans un pays comme la Pologne, où cependant le problème se présentait différemment par suite de l’importance pratiquement négligeable des dettes extérieure et intérieure, il n’a pas été possible, à la suite d’une inflation particulièrement poussée, de remettre

en marche l’organisme avec le capital national. Elle prouve, en outre, une fois le change et la circulation arrêtés à un certain taux, la nécessité d’adapter par une politique du prix de revient les prix intérieurs à cette parité, avant de décréter une stabilisation définitive, dont le taux doit se trouver en harmonie avec l'équilibre naturel qui finit par s’établir progressivement entre les divers éléments de l’économie, et qui correspond à un coût de production permettant la concurrence sur les marchés extérieurs. Tout l’organisme se tient, et, si l’on en néglige un des côtés, on s'expose à des à-coups. Le point capital à atteindre demeure toutefois l’équilibre de la balance des paiements ; un Peuple ne peut vivre s’il consomme plus qu’il ne produit.

Il est donc nécessaire pour régler avec succès le problème du change, de tenir compte des contingences économiques qui se révèlent propres à chaque pays. Ce fut la grande erreur de M. Grabski, malgré tout l’honneur qui lui revient de l’arrêt de l'inflation, d’avoir cru pouvoir passer outre à ces considérations, alors qu’il s’était trouvé débordé par la généralisation de l'emploi de la monnaie de compte et sans doute aussi par des considérations politiques ; il a par ailleurs apporté une trop grande rigidité à la solution d’un problème qui demande avant tout du doigté et de la souplesse. 5

Mais pouvait-il mieux faire, limité aux seules forces

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de son pays ? Si l'opération a été tentée dans de mauvaises conditions et avec des moyens insuffisants, elle n’en a pas moins arrêté l'inflation vertigineuse qui conduisait la Pologne à la catastrophe, et permis à cette nation, après une première tentative de stabilisation toutefois capitale, de venir, avec un terrain monétaire singulièrement affermi, à une stabilisation définitive. La réforme de M. Grabski a donné confiance à l’étranger qui, devant l'effort accompli avec ses seules ressources par une courageuse nation, a bien voulu faire l’apport de capital nécessaire à parachever l’œuvre entreprise.

HD. Eu

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