‹ La Réforme Monétaire en PologneChapitre 28 sur 36 · MEME LT · texte numérisé non relu

MEME LT

dans le pays. Il pensait pouvoir entraîner ceux-ci par une politique commerciale appropriée qui s’est en fait retournée contre son but, obtenir un fléchissement du prix de revient, et résorber la dépréciation intérieure en relevant l’économie par le seul pouvoir d’une stabilisation à un niveau élevé. C’était ajouter aux conséquences de l'inflation, celles d’une revalorisation, une fois la stabilisation définitive acquise, et sans adaptation préalable de l’économie.

Le décalage entre le cours du change et les prix s'était maintenu d’ailleurs pendant tout le temps de la pré-stabilisation ; ce seul fait auraït dû faire réfléchir M. Grabski, avant la mise en œuvre de la réforme définitive. Une telle continuité dans la disparité donnait la mesure du déséquilibre de la production et de la consommation à l’intérieur, ainsi que des mauvaises conditions d’un organisme dominé par le manque de capitaux et la cherté des crédits, et dont les charges étaient nettement supérieures à celles de l'étranger. L’expérience a montré que ce décalage n'avait pu disparaître, une fois la stabilisation effectuée, et que l'influence du taux adopté n’avait pu ramener les prix à un niveau permettant de lutter contre la concurrence étrangère.

Bien au contraire, la hausse des prix d’une façon continue très au-dessus des index mondiaux, éloignait chaque jour davantage de la parité-or et sur le marché intérieur, la monnaie maintenue au pair à l'extérieur

AUOT

par la Banque. Le pouvoir d’achat du zloty se trouvait progressivement réduit dans le pays. L'Etat, sous la pression de la hausse des prix, voyait ses dépenses augmenter (traitement des fonctionnaires en particulier), tandis que les recettes, basées sur une majorité d'impôts directs, diminuaient, et bientôt, ce fut une inflation de petite monnaie qui venait apporter les moyens de règlement nécessités par l'élévation des prix. Cette émission, par contre-coup, poussait de son côté à la hausse, ainsi qu’il ressort de la brusque élévation de l’indice du coût de la vie en juin-juillet 1925.

Finalement, la hausse des prix entraînait le zloty maintenu jusque-là artificiellement au pair de l’or par action directe sur le marché des changes.

La hausse de la devise, d’après la formule adoptée par M. Grabski d’une stabilisation suivant le cours du change nettement inférieur au niveau des prix, n’a donc pas sur ceux-ci l’influence que d’autres expériences monétaires ont révélée. Ce taux était, certes, un peu faible ; toutefois, l’écart n’était pas tellement grand qu’on ne püût espérer un rajustement de l’économie à cette parité. Mais il faut toujours en revenir aux mauvaises conditions internes, conséquences de l'inflation, qui ont pesé sur le prix de revient, dont on n’a pu obtenir le fléchissement, une fois la stabilisation opérée définitivement. Le taux de stabilisation trop faible par rapport à l’or n’ayant pu entraîner l’organisme, incita au contraire à l’achat de devises,

au fur et à mesure que l’on voyait le zloty s'éloigner toujours davantage de sa parité or sur le marché intérieur. Aussi faut-il conclure que, à proprement parler, la raison de la chute de la devise fut moins une question de taux de stabilisation qu’une question de désorganisation économique consécutive à l'inflation et non réglée avant la dévaluation définitive.

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