CALOTTE SUR LES CARDINAUX DUBOIS ET DE ROHAN
Des calotins la troupe entière Offrait à Momus sa prière,
Quand ce dieu, toujours bienfaisant.
Apparut à son régiment.
Et lui dit : « Troupe calotine.
Vous négligez vos plus beaux droits :
Vous avez la même origine Que cette calotte divine Qui rend un cuistre égal aux rois 1 Des couleurs vous avez le choix.
Et aujourd’hui je détermine Que ma calotte on enlumine D’un bel et beau couleur de feu.
Après quoi, vous verrez beau jeu!
Du rang ne soyez point en peine;
Car il faut vous dire en passant Que, lors de l’établissement De cette dignité romaine.
On obtint mon consentement.
Et que cette cour, si hautaine, N’auroit jamais, sans mon secours, Assujetti l'Europe entière A révérer une chimère.
O vous, mes plus chères amours, Calotins dont je suis le père,
Nous vous rejoignons pour toujours A ces Romains que Ton révère.
Nous vous donnons les dignités.
Privilèges, immunités.
Même rang et même séance Dont on voit que jouît en Franco Dubois et Rohan, son valet.
Nous agrégeons le prestolet À votre troupe frénétique,
Quant à Rohan, prélat lubrique,
La bulle jointe avec ses mœurs,
Sa principauté chimérique,
Qu’il tient d'une mère impudique, Ont bien mérité vos honneurs !
Qu'il soit mis dans votre chronique 1 Nous confirmons aux cardinaux Les honneurs de notre calotte; Soyez vêtus de même sorte.
Portez comme eux camail et cotte ; Désormais, soyez tous égaux ;
Nous entrerons daus leur intrigue.
Nous aurons le duc d’Orléans,
Et ferons ensemble une ligue Contre tous les gens de bon sens. »