I.OUIS XT
sessuixaiite-huit ans, un général de surprise, d'uppuritiun suliitc, de marches et de contre-marches.
Nous ne suivions pas cette double invasion dans ses détaUs , nous en signalerons seulement les princi|>aux faits, et nous en consignerons les résultats.
Au nord , la Lorraine est envahie sans coup férir ; le duché fie Har reçoit garnison; le siège est mis devant Philipsbourg; le maréchal de Bcrwick est tué d’un laiidct qui lui traverse la poitrine; le siège est continué pard'Asfeld , de Noailleset surtout par M. de Belle-lslc; apres trente-deux jours de tranchée ouverte, 4a ville est prise à la vue du prince Eugène.
Au midi, l'armée franco-piémontaise traverse le PO, manœuvre hardiment sans rencontrer d'autres entraves que l’orgueil et la mauvaise humeur de Yillars , constamment en opposition avec la hardiesse de mouvement et la fermeté de décision du roi Charles-Emmanuel ; heureusement la fièvre prend le maréchal , il s’alite et meurt :
Ainsi, les deux armées françaises perdent au début de la campagne et |ircs(|ue en même temps, leurs deux généraux en clief, généraux (|uc vingt ans de paix ont plus vieillis que quarante ans de guerre, qui ne sont plus en harmonie avec les éléments guerriers qu’ils sont appelés à faire mouvoir, et qui disparaissent pour faire place aux tactiques nouvelles qui vont succéder aux vieilles théories.
I.a mort de Berwick, et de Villars, c’œt l’avénement du chevalier de Follard et du comte de Saxe.
Le commandement de l’armée d’Italie tombe donc aux mains de Broglie et de Coigny, comme celui de l’armée du nord est tombé aux mains d’AsIcId et de Noailles.
En somme, les impériaux ont battu précipitamment en retraite uisf(u’à Parme, là seulement ils trouvent la position qui convient à leur général en chef pour attendre l’cnncmr.
Non-seulement les im)>ériaux nous atlcndent à Parme, mais de la reirailc ils passent à l’oITcnsive, se déploient avec un ordre admirable, nous attaquent |iar colonnes serrées et par grandes masses, niellent en retraite les règimenLs de Berry et d’Auvergne, qui, de la
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retraite, passent à la déroute, lorsque tout à coup le comte de Mercy, atteint d'une balle, tombe mort.
A l’immense clameur qui porte cette nouvelle dans leurs rangs, les impériaux s'arrêtent. M. de tàrigny saisit avec une admirable sagacité ce mouvement d'hésitation, ordonne une charge par régiments serrés en colonnes, selon la méthode du chevalier de Follard. I>es impériaux, qui attaquaient, sont attaqués à leur tour. Les régiments français font une immense trouée dans leur centre. Ils s’écartent^ se dispersent et fuient, laissant huit mille hommes sur le champ de bataille.
I^uis XV apprend , à dix-neuf jours d'intervalle , la prise de Philipsbourg et la liataille de Panne : d’Asfeld, de Noailles, de Broglie et de Coigny sont nommés maréchaux de France.
Nous avons vu ce qui se passe à Philipsbourg et ce qui se passe à Parme, voyons ce qui se passe à Naples.
L’infant don Carlos a débarqué le 29 mars; Naples lui a ouvert ses portes sans résistance; le 10 mai , il fait son entrée dans la capitale , et , cessionnaire de tons les droits du roi son père sur le royaume des Deux-Siciles, il reçoit en son propre nom l'hommage de tous les ordres de l’État.
Le 25 du même mois, les impériaux, commandés par le général Visconti, sont forcés dans leurs retranchements de Bitonto. Le 1 5 Juin, une escadre de seize galères, moilié française, moitié espagnole, amène au nouveau roi un renfort de dix-huit bataillons et de deux mille cinq cents chevaux, avec lesquels don Carlos met le siège devant Gaëte, qui selwd le 6 août.
Dix-huit mille hommes passent alors le détroit pour soumettre la Sicile à don Carlos. Les impériaux abandonnent toutes les places. Sur la terre ferme, Capoue ; en Sicile, Messine et Syracuse tiennent seules pour l'empire.
En cinq mois, tout lo territoire des Deux-Siciles est aux mainsdes Espagnols, et l'empereur perd le royaume de Naples pour avoir voulu faire un roi de Pologne. En même temiis, les impériaux reprennent un petit avantage, dans une surprise de nuit, où le maréchal de Broglie, paresseux et donneur, est obligé de se sauver la culotte à
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la main. &iais, le 19 septembre, le maréchal de Broglie reprend sa revanche à Guastalla ; c'est une seconde bataille de Parme.
A la fin de juin 1733, les Espagnols ont fait leur jonction avec les Français et les Piémontois. Les impériaux sont presijue entièrement chassés de la Lombardie , et nous tenons tout le bas et tout le haut Hantouan. Mantouc reste à l’empereur.
En Allemagne , nous sommes à la porte de Mayence , et quoique le prince Eugène soit campé entre Heidelberg et Brucksall , nous faisons des fourrages dans tout le Palatinat. Les avantages des deux campagnes, 1754-17SS, sont entièrement à nous.
Seulement, l’Angleterre voyait nos victoires avec sa jalousie liabituelle. Le comte de Walpole fut interpellé au Parlement. La raa^n d’Espagne tenant Naples et la Sicile; les armées françaises sur le Pô et sur le Rhin, inquiétaient les whigs.
La Hollande faisait tout bas ses observations au ministre anglais. Les Français, maîtres de Philipsbourg, dominaient la Belgique, et n’avaient qu’à étendre la main pour toucher la Hollande ; or, les Hollandais n’avaient point oublié les guerres de Louis XIV.
De son cété, la Prusse menaçait de se mêler au jeu, elle, gai^ dienne des libertés germaniques, si la guerre prenait un caractère trop allemand.
Walpole, attaqué de trois côtés, tira de sa poche une convention secrète avec le cardinal de Fleury , dans laquelle le cardinal consentait à tenir sa marine dans l’abaissement, et à laisser aux Anglais l’empire de la mer et l’universalité du commerce; c’était un frein mis à la bouche de la France et qu’on lui ferait sentir dès quelle songerait à s'agrandir.
Les trois puissances intéressées à la paix offrirent alors leur médiation. Rien n’était plus facile que d’arriver à un résultat. Le cardinal de Fleury n’était pas d’un naturel belliqueux , et l’empereur sentait que le prince Eugène, faisant la guerre malgré l’opinion émise par lui dans le cabinet de Vienne , avait perdu la moitié de cette force qu’il avait déployée autrefois.
Les négociations furent donc nouées, et, le 3 octobre, les conditions préliminaires furent arrêtées. Les voici :