‹ La regence et Louis 15Chapitre 42 sur 88 · I.OUIS XV · texte numérisé non relu

I.OUIS XV

pier; é(Tivc/.. Sire. — Oh! s'écria le roi en str jclaiit ain pieds de madame de Maillv, vous êtes une fciiinu! adorable !

El il écrivit une lettre, non pas au cardinal, mais à son neveu, lettre dans laquelle il lui annonçait qu'il était nommé gentilhomme de la chambre, avec un brevcl de retenue de (piatre cent mille livres.

Le matin, en recevant celle lelti e, M. de Fleury, ipii ne s'attendait à rien moins, courut trouver son oncle à Issy, lui montrant la lettre du roi, et le suppliant d'aller remercier Sa Majesté; mais le cardinal i|ui voulait toujours, quand une faveur tombait sur sa famille, avoir l'air d'avoir la main forcée, le cardinal se contenta de répondre à son neveu :

— Je vous défends de rien dire ijiie je n'aie vu le roi et fait révo- (juer l'oidre.

— Mais, réirondit le due de Fleury, j'ai déjà répondu pcreonnellement au roi pour le remercier.

— El pour accepter? s'écria le cardinal avec un accent de dc-ses|ioir dont son neveu lui-méme fut dupe.

— Sans doute pour accepter, lit le duc; j'aurais été bien ingnit de refuser une faveur ambitionnée par tant de [H'r.sonnes.

— Allons! dit le cardinal avec un profond soupir, me voilà compromis avec, messieurs les princiïs.

Et il leva les yeux et les mains au ciel, tout eu demandiuit son carrosse pour revenir à Paris.

Louis XV, en revoyant .M. de Fleury, lui raconta tout, et comme il ne voulait |vis, faible qu'il élait, avoir l'air de céder à l'exil dont l'avait menacé le cardinal, il lui dit que c'élail aux instances de madame de Mailly et de madame de Vinlimillc qu'il devait la noiniiiation de son neveu.

Ix cardinal en [larul on ne fient plus recomiaissaiil aux deux sœurs, mais il n'en fut pas moins blessé au fond à l'idéa; que son crédit personnel baissait au point qu'il avait besoin du concours des deux iriaiircsscs du roi jKiiir faire oblenir une ebarge à son neveu.

Maintenant, racontons les faits sans commentaire :

Cette nomination avait eu lien dans le courant de juin 17 il.

Le 8 aoi'il suivant, madame de Vinlimille tnt firise de la lièvre.

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LOUIS XV 215

Elle était enreinle de huit mois. Foix* de revenir à Paris, le roi lai.ssa madame de Vinliniille à Clioisy avec sa sieur, madame de Mailly, et les dames de leur compajjuie lialiiluelle.

Il y avait une lialiitudc, ou |iUilôt une loi t|ui défendait aux maris d'aeeompafjiier leurs femmes quand le roi lt»s emmenait a Clioisy. C'est étrange, mais c’étail ainsi.

Il est vrai qu'à défaut de M. de Vinlimille, M. de Ciraminonl, M. deCoigny, d'Agen et les deux frèifs Meuse, qui étaient de la petite inlimilc du roi, étaient là pour faire compagnie à ces daines.

On saigna madame de Vinlimille deux fois (à llc maladie sembla rendre le roi plus amoureux de madame de Vintimille qu’il ne l'avait jamais été ; la veille des coiiclies, il s'établit dans sa eliambre et y resta jusqu'à doux lieures du malin.

A neuf heures du malin, inadanu' de Vinlimille accoucha d’un beau et gros garçon qu'il prit dans ses br.iscl posa ensuite sur un coussin de velours cramoisi. Puis après l'avoir embrassé et admiié, il le fit ondoyer sous le nom de Louis; nom que, plus lard, ses camarades changèient en celui de demi Louis.

le roi était si beureiix qu'il voulut diner avec madame de Vinlimille; furciil invités au diner, les ducs d'.àgeu, de Villeroy, et celui des deux Meuse, ipii était son confident le plus infime.

le soir, il recul clie/. madame de Vinlimille, non-seulement l’arclievéque de Paris, mais encore ,M. de Vinlimille et son [lère.' M. de Vinlimille était censé veuir voir sa femme et son enfant.

îladanie de Vinlimille était accouchée si beurensmnent , qu’une heure après sa délivrance, elle sembla guérie; mais, b’ 9 seplembre suivant, sans ()uc rien piil faire présager ce terrible événemeiiL, elle, fut tout à coup prise de si violentes douleurs d'eidrailles, qu’elle ap|tcla à grands cris, non pas un médecin, mais un confesseur.

De son côté, le roi cnvovail cluu'cher à Paris ses deux médecins Silva et Sènac.

Mais ni l’im ni l’autre n'arrivèrent à temps; elle moni ul cuire les bras du confesseur, sans s;icrement ; à peine le préfic avait-il eu le teui|is de l’absoudre.

Dans celle conversation d'une demi-heure qu elle avait eue avec

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