‹ La regence et Louis 15Chapitre 44 sur 88 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Ije 12 scplcmbre 17i2, madame de .Mazarin mourut. C’était ta graiid'iuôre de mesdemoiselles de .Nesle.

Sur les cinq siBure, une, madame do Mailly, était la maîtresse du roi depuis 1 732. L'autre, madame de Viniirnillc, oUut morte comme nous avons vu. I-t troisième, madame de Lauraguais, avait, disaiton, remplacé madame de Vinlimille.

Kostaient mesdames de Li Tournelle et de Flavacourt, qui n’élaient pas môme présentes.

C(S deux dames étaient prés de leur grand'môre, madame de Mazariu.

Mais, loisipie madame de Mazarin mourut, M. do Manroixis, poussé par sa femme, on su qualité d’héritier de madame do Mazarin. lit signitier aux deux sœurs qu’elles eussent à sortir à l’insUint même de l’iiôtol.

-Madame de La Tournelle était veuve, le mari de madame ilc Flavacourt élail à l’armée. Les doux dames se trouvèrent donc sans appui.

En recevant cette notilication de M. de .Maurepas, madame de La Tournelle jeta les hauts cris. Tout au contraire, madame de Flavacourt répondit :

— Je suis jeune, je, suis sans père et sans mère; mon mari est absent, mes parents m’abandonnent, le ciel sans doute ne m’abaiidonnora point.

Sur ce raisonnement, tout entier à l’honneur de la Providence, I. i, ■ M

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üiaflame de Flavacourl appela une chaise, s’y plaça , se fit porter à N'eisailles, et, ariivée dans la’ cour des ministres, se lit déposer à terre, ordonna d’enlever les brancards, et renvoya scs porteurs.

Beaucoup passèrent sans s'in((uiéter de cette chaise, i|iiel(iucs-uns s'en étonnèrent, mais sans oser demander à celle qui l'occupait ce qu'elle faisait là; enfin, le duc de Gesvres passiï, ouvrit la portière, et, tout émerveille, s’écria :

— Eh! madame de Elavacourt, (sir quelle aventure vous trouvezvous là? Mais savez-vous bien que madame votre prand’mèrc vient de mourir?

— Et vous, monsieur le duc, répondit madame de Elavacourt, savez-vous bien que M. de Maurcims et sa femme viennent de nous chasser, ma sœur et moi, comme des aventurières; ils craignaient sans doute que nous ne fussions à leur charge. Ma sxur La Tournelle est allée je ne sais où; quanta moi, me voilà entre les mains de la Providence.

Le duc de Gesvres, émerveillé de l’avenlure, salua madame de Elavacourt, la priant d’attendre quelques instants avec p;itiencc, et, courant chez le roi, il le conduisit à la fenêtre, lui montrani dans la cour des minisires celle chaise solitaire.

— Eh bien, demanda le roi, que me montrez-vous là? — I.e roi voit cette chaise? — Sans doute, je la vois. — Eh bien , elle renferme madame de Flavacourl. — Madame de Elavacourt toute seule dans cette chaise! s’écrùi le roi.

— Toute seule. Sire. — .Mais (pii donc l’a placée là? — Son ingénieuv esprit. — E.vpliqucz-voiis, duc. — Eh bien. Sire, clic a été renvoyée jiar .M. de Maurcpis, et elle a cru devoir se mettre à la garde de Dieu et... — El... — Et du roi. Sire.

Louis XV se mit à rire.

— Courez la chercher, dit-il, qu’on lui donne un logement, et ipTon se mette à l'instant même à la recherche de sa sœur La Tournelle.

M. le duc de Gesvres ne se le fit jias dire à deux fois , il descendit tout courant, prit madame de Elavacourt («ir la main, et remonta avec elle prés du roi.

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