‹ La régence et Louis QuinzeChapitre 31 sur 72 · IH s \V · texte numérisé non relu

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prisoiiiiiors. Il esl vrai que Al. de Tossé ost (né, cl î\l. de liiron blessé.

Mais des coiirricrs sont arrivés à Paris, annonçant la défection de Frédéric ; les armées du Rliin et de Westplialie marcheront au secours des trente mille Français enfermés dans Prague. En attendant , le conseil propose d'ouvrir des négociations ; on reconnaîtra Marie-Thérèse impératrice , et les Français enfermés dans Prague seront libres. Mais le roi fait observer quel fatal effet fera la capitulation de Prague.

Le contrôleur général Orry déclare qu'il a 80 millions à la disposilion du roi pour le service de l'État et le bien de la patrie.

On ne négociera point. IMaillcbois recevra l'ordre de se porter sur le Danube , par une marche rapide , et de tendre la main à la garnison de Prague. Français et Autrichiens , assiégés et assiégeants, apprennent en même temps la marche de M. de Maillebois. Après cinquante-six jours de tranchée , le prince Charles lève le siège et s'éloigne nuitamment pour marcher contre M. de Maillebois. Aussitôt le maréchal de Broglie quitte avec son armée le camp retranché ; Maurice de Saxe, qui connaît la Bohème, village par village, est son guide : on commence par délivrer la gar-. nison d'Égra, et par elle on se trouve en communication avec lo maréchal de Maillebois. Aussitôt le maréchal de Broglie ordonne l'évacuation de Prague , dans laquelle reste Chevert avec quatre mille hommes.

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Après douze jours de inarclics aduiirables , MM. de Bellc-lsle et de Broglie ont rejoint le maréchal de Maillebois.

Reste Clievert, avec ses qualre mille hommes, dans Prague, pour laquelle il obtiendra une capilulaiion avec tous les honneurs de la guerre.

De son côte, l'Espagne avait fait invasion en Italie, réclamant Parme et le Milanais ; mais dans celte réclamation, T Espagne ne pouvait plus avoir celte fois le Piémont pour allié ; Parme et le Milanais, c'est l'objet de l'éternelle ambition de la maison de Savoie ; aussi la maison de Savoie écoulc-l-elle les paroles de l'Autriche, sa vieille ennemie. Les Espagnols, secondés par les Napolitains , opèrent donc seuls en Italie , quand tout à coup Naples voit paraître dans sa baie une escadre de six vaisseaux de ligne de soixante canons et six frégates , le tout sous pavillon anglais.

Le Commodore Martyn commandait cette flotte. Ce qu'il venait faire dans la mer Thyrrhénienne, il n'en savait rien ; ses dépêches étaient cachetées , et il avait ordre de ne les ouvrir que dans le golfe de Naples. Arrivé à destination, il ouvre ses dép«ôches. Les dépêches , c'est l'ordre de bombarder Naples , si , dans l'espace d'une heure, le roi ne s'est pas engagé à retirer ses troupes de la basse Italie , et à garder la plus stricte neutralité.

Les troupes de Philippe V vont donc se trouver seules et isolées devant les troupes autrichiennes, prêtes à déboucher en Italie.

Ainsi, en moins de trois mois, non -seulement la maison d'Autriche, presque abattue, s'est relevée, mais encore elle a réuni à elle tout ce qu'il y a en Europe de nations hostiles à la France , et le canon va retentir de Naples à Strasbourg, de l'Océan à la Méditerranée.

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