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vers rendroil où il en tond du briiil. J.c gouvernciir, qui raj)erçoil, ferme aiissilôl la porte de la chambre, court i)i'éci[)iiammeut audevant du jeune homme, et, d'un air troublé, il lui demande s'il a entendu quelque chose. Dès qu'il fut assuré du contraire, il le fit repartir le jour même, et il écrivit à son ami que peu s'en était fallu que celte aventure n'eût coûté cher à son fds, et qu'il le lui renvoie de peur de quelque autre imprudence.
» J'eus la curiosité, le 2 février 1778, d'entrer dans la chambre de cet infortuné prisonnier; elle n'est éclairée que par une fenêtre, du côté nord, percée dans un mur fort épais, et fermée par trois grilles de fer placées à une distance égale ; cette fenêtre donne sur la mer. Je trouvai dans la citadelle un officier de la compagnie franche , âgé de 79 ans. Il me dit que son père , qui servait dans la même compagnie, lui avait plusieurs fois raconté qu'un frater aperçut un jour, sous la fenêtre du prisonnier, quelque chose de blanc qui flottait sur l'eau ; il l'alla prendre et l'apporta à M. de Saint-Mars. C'était une chemise très fine, pliée avec assez de négligence, et sur laquelle le prisonnier avait écrit d'un bout à l'autre.
» M. de Saint-Mars, aj)rès l'avoir dépliée et avoir lu quelques lignes, demanda au fiater, d'un air fort embarrassé, s'il n'avait pas eu la curiosité de lire le contenu ; celui-ci protesta plusieurs fois qu'il n'avait rien lu ; mais deux jours après, il fut trouvé mort dans son lit.
» C'est un fait que l'officier a entendu raconter tant de fois à son père et à l'aumônier du fort de ce temps-là, qu'il le regarde comme incontestable. Le suivant me paraît également certain, d'après tous les témoignages que j'ai recueillis sur les lieux et dans le monastère de Lerins, où la tradition s'en est conservée,
» On cherchait une personne du sexe, pour servir le prisonnier. Une femme du village de Mongiu vint s'olTrir, dans la persuasion que ce serait un moyen de faire la fortune de ses enfants ; mais quand on lui dit qu'il fallait renoncer à les voir, et même a conserver aucune liaison avec le reste des hommes, clic refusa
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de s'enfermer avec un prisonnier donl la connaissance coùtail si cher. Je dois dire encore qu'on avail mis aux deux exlrémilés du fort, du côlé de la mer, deux senlinelles qui avaienl ordre de tirer sur les bateaux qui s'approcheraient à une certaine dislance.
» La personne qui servait le prisonnier mourut à Tîle Sainte- Marguerite. Le frère de l'officier dont je viens de parler, qui était pour certaines choses l'homme de confiance de M. de Saint-Mars, a souvent dit à 'son fils qu'il avait été prendre le mort à l'heure de minuit, dans la prison, et qu'il l'avait porté sur ses épaules dans le lieu de sa sépulture : il croyait que c'était le prisonnier lui-même qui était mort ; mais c'était, comme je viens de le dire, la personne qui le servait, et ce fut alors qu'on chercha une femme pour le remplacer. »
On savait en 1G98 que Saint-Mars , conduisant le prisonnier à la Bastille, s'arrêta avec lui dans sa terre de Palteau. Fréron, en conséquence, pour contredire Voltaire, qui avait écrit sur le prisonnier, demanda des anecdotes au seigneur de Palteau, qui répondit la lettre suivante, insérée dans YJnnce Lîllcraire du mois de juin 17G8 :
K Comme il parait , par la lettre de M. de Sainte-Foix , donl
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vous venez de donner un extrait, que rilommc au masque de fer exerce toujours rimaginalion de nos écrivains , je vais vous faire part de ce que je sais de ce prisonnier. 11 n'était connu aux iles Sainte-Marguerite et à la Bastille que sous le nom de La Tour. Le gouverneur et les autres oITicicrs avaient dos égards pour lui ; il obtenait tout ce qu'ils pouvaient accorder à un prisonnier. 11 se promenait souvent, ayant toujours un masque sur le visage. Ce n'est que depuis le siècle de Louis XIV, où M. de Voltaire a paru, que j'ai oui dire que ce masque était de fer et à ressorts : peutêtre a-t-on oublié de me parler de cette circonstance ; mais il n'avait ce masque que lorsqu'il sortait pour prendre l'air, ou qu'il était obligé de paraître devant quelque étranger.
» Le sieur de Blainvilliers, officier d'infanterie, qui avait accès chez M. de Saint-I\Iars, gouverneur des îles Sainte-Marguerite, et depuis de la Bastille , m'a dit plusieurs fois que le sort du prisonnier de La Tour ayant beaucoup excité sa curiosité, pour la satisfaire , il avait pris l'habit et les armes d'un soldat qui devait être en sentinelle dans une galerie , sous les fenêtres de la chambre qu'occupait ce prisonnier aux îles Sainte-Marguerite. Que de là il l'avait très bien vu , qu'il n'avait point son masque , qu'il était blanc de visage, grand et bien fait de corps, ayant la jambe un peu trop fournie par le bas , et les cheveux blancs , quoiqu'il ne fût que dans la force de l'âge. Il avait passé cette nuit-là presque entière à se promener dans sa chambre. Blainvilliers ajoutait qu'il était toujours vêtu de brun ; qu'on lui donnait du beau linge et des livres ; que le gouverneur et les officiers restaient devant lui debout et découverts jusqu'à ce qu'il les fît couvrir et asseoir ; qu'ils allaient souvent lui tenir compagnie et manger avec lui.
» En 1698, M. de Saint-Mars passa du gouvernement des îles Sainte-Marguerite à celui de la Bastille. En venant en prendre possession, il séjourna avec son prisonnier à sa terre de Palteau. L'homme au masque arriva dans une litière qui précédait celle de M. de Saint-Mars. Ils étaient accompagnés de plusieurs gens à cheval. Les paysans allèrent au-devant de leur seigneur. M. de
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Sailli-Mars niangoa avec son prisonnier, qui avait \v dos o])posô au\ croisées de la salle à manger qui donnenl sur la cour. Los paysans que j'ai inlerrogés ne purent voir s'il mangeait avec son masque ; mais ils observèrent très bien que M. de Saint-Mars , qui était à table vis-à-vis de lui , avait deux pistolets à côté do son assiette. Ils n'avaient, i)Our être servis, qu'un seul valet de cliambrc, qui allait chercher les plats qu'on lui apportait dans rantichambre , fermant soigneusement sur lui la porte de la salle à manger. Lorsque le prisonnier traversait la cour, il avait toujours son masque noir sur le visage. Les paysans remarquèrent qu'on lui voyait les dents et les lèvres ; qu'il était grand et avait les cheveux blancs. M. de Saint-Mars coucha dans un lit qu'on lui avait dressé auprès de celui de l'homme au masque.
» M. (le Blainvilliers m'a dit que lors de sa mort , arrivée en 170/i, on l'enterra secrètement à Saint-Paul, et que l'on mit dans le cercueil des drogues pour consumer le corps. Je n'ai point ouï dire qu'il eût aucun accent étranger.
» Arrivé à la Bastille, Du Jonca, lieutenant du roi, enregistra en ces termes, dans le livre de la Bastille, l'arrivée du prisonnier, et c'est le père Griffct, jésuite, qui, le premier, a publié ces deux curieux lambeaux tirés des archives d'un château d'où jamais aucun papier ne sortait ; mais il était confesseur de la Bastille, et les jésuites et le gouverneur de ce fort, dans ce temps-là, avaient bien, sans doute, leurs raisons en publiant ces anecdotes :
« Jeudi 8 septembre 1C98, dit Du Jonca, à trois heures après » midi , M. de Saint-Mars , gouverneur de la Bastille , est arrivé , » pour sa première, entrée , venant des îles Sainte-Marguerite et » Saint-IIonorat , ayant mené avec lui , dans sa litière , un ancien «prisonnier qu'il avait à Pignerol , dont le nom ne se dit pas, le- »quel on a fait tenir toujours masqué, et qui fut d'abord mis dans »la tour de la Basnière , en attendant la nuit, et que je conduisis «moi-môme, sur les neuf heures du soir, dans la troisième cham- » bre de la tour de la Bertaudière, laquelle chambre j'avais eu soin
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»de Aiirc meubler de loiilcs choses avant son arrivée, en ayant «reçu l'ordre de M. de Saint-Mars...
» En le conduisant dans ladite chambre, j'élais accompagné, «ajoute M. Du Jonca, du sieur Rosangcs, que M. de Saint-Mars «avait amené avec lui, lequel était chargé de desservir et de soi- «gner ledit i)risonnier, qui était nourri par le gouverneur. »
Les dernières anecdotes qu'on a puisées sur le Masque de Fer nous ont été données par M. Linguct, qui, longtemps détenu à la Bastille, obtint quelques renseignements des plus anciens olTicicrs ou serviteurs du château. Il donna ses notes à M. de La Borde, qui les a publiées en ces termes , dans un petit ouvrage sur ce masque :
« Le prisonnier portait un masque de velours, et non de Icr, au moins pendant le temps qu'il passa à la Bastille. Le gouverneur lui-même le servait et enlevait son linge.
» Quand il allait à la messe, il avait les défenses les plus expresses de parler et de montrer sa figure : l'ordre était donné aux invalides de tirer sur lui ; leurs fusils étaient chargés à balle ; aussi avait-il le plus grand soin de se cacher et de se taire.
» Quand il fut mort, on brûla tous les meubles dont il s'était servi , on dépava sa chambre , on ôta les plafonds , on visita tous
les coins , recoins , tous les endroits qni pouvaient cacher un papier, un linge ; en un mot, on voulait découvrir s'il n'y aurait pas laissé quelque signe de ce qu'il était. M. Linguct m'a assuré qu'il la Bastille il y avait encore des hommes qui tenaient ces faits de leurs pères, anciens serviteurs de la maison, lesquels y avaient vu l'homme au masque de fer.
» Ce malheureux prisonnier, après un long martyre , mourut enfin, en 1703, à la Bastille, après y avoir resté cinq ans deux mois î et le même qui avait enregistré son arrivée , enregistra sa mort , dans le livre des prisonniers , en ces termes :
« Du lundi 19 novembre 1703, le prisonnier inconnu, toujours «masqué d'un masque de velours noir, que ^I. de Saint-Mars avait «mené avec lui, venant de l'islc Sainte-Marguerite, qu'il gardait «depuis longtemps, s'étant trouvé hier un peu plus mal en sortant « de la messe, il est mort aujourd'hui, sur les dix heures du soir, » sans avoir eu une grande maladie , il ne se peut pas moins. ,)M. Guiraut, notre aumônier, le confessa hier. Surpris de la «mort, il n'a pu recevoir ses sacrements, et notre aumônier l'a » exhorté un moment avant que de mourir. Il fut enterré le mardi » 20 novembre , à quatre heures après midi , dans le cimetière de » Saint-Paul , notre paroisse. Son enterrement coûta quarante » livres. On cacha cependant et son nom et son âge aux prêtres .) de la paroisse , et les registres de ce jour-là annoncent son iuhu- » malion en ces termes , que j'ai extraits des registres :
» L'an mil sept cent trois, et le dix-neuf novembre , Marchiali, » âgé de quarante-cinq ans environ , est décédé dans la Bastille , » duquel le corps a été inhumé dans le cimetière de Saint-Paul , » sa paroisse , le vingt du présent , en présence de M. Rosarges , » major^ et de M. Rcilh, chirurgien-major de la Bastille, qui ont » signé Rosarges , Reilh. »
« Il est encore très certain qu'après sa mort, on eut ordre de brûler généralement tout ce qui avait servi' à son usage, comme linge, habits, matelas, couvertures et jusqu'aux portes de sa prison,
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le bois (le lit et ses chaises. Son couvert d'argent fut fondu, et l'on fit regratter et blanchir les murailles de la chambre où il avait logé; on poussa les précautions au point d'en défaire les carreaux, dans la crainte, sans doute, qu'il n'eût caché quelque billet ou fait quelque marque qui eût pu faire connaître qui il était.
» J'abandonne toutes ces pièces historiques et ces notes sur le prisonnier masqué à l'examen des curieux et des critiques; mais il résultera toujours que ce masque était un grand personnage ; que le soin habituel de lui ordonner de cacher sa figure, sous peine de mort, annonçait un grand danger en la montrant ; qu'à cet aspect seul de son visage on pouvait reconnaître, par conséquent, qui il était; qu'il nourrissait dans lui-même le désir de se faire connaître plutôt que le désir de s'évader; qu'aucun prince n'ayant disparu en France à la mort de Mazarin, le Masque ne pouvait être qu'un personnage important et inconnu dans ce temps-là, et qu'il fallait que le ministère eût beaucoup d'intérêt de cacher son nom, ses aventures et sa situation, puisqu'on avait donné l'ordre de le tuer s'il se faisait connaître.
» Il résulte encore, et ces remarques sont bien plus frappantes, que partout où se trouva ce grand infortuné , soit dans une île de Provence, soit en voyage, soit à Paris, il lui fut ordonné sans cesse de cacher sa figure ; l'aspect de son visage pouvait donc, dans tous les lieux de la France , dévoiler le secret de la cour.
«Enfin, il faut considérer que sa figure fut cachée depuis la mort de Mazarin jusqu'à celle du prisonnier, arrivée au commencement de ce siècle , et que le gouvernement porta la précaution jusqu'à l'ordre de lui balafrer le visage, ou de le foire enterrer sans tête, comme d'autres l'ont dit.
« Sa figure pouvait donc le faire connaître pendant un demisiècle, et d'un bout de la France à l'autre.
» 11 y eut donc, pendant un demi-siècle en France, une tête remarquable et connue dans toutes les contrées de la France, dans une prison même établie dans une île, comparable à celle du prisonnier et sa contemporaine.
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« Or, quelle citait celte figure si généralement rcconnaissablc , sinon la figure de Louis XIV, son fière jumeau, dont la ressemblance était si redoutable. Le secret d'Étal, ou plutôt le crime de Louis XIV, paraît donc bien avéré; et s'il reste désormais queU ([uc doute sur cet objet, il sera occasionné par rinvraisemblanco (les ordres féroces donnés, à des gouverneurs même des prisons d'État, d'assassiner de sang-iVoid un aussi grand prince, s'il dévoilait son secret. Cette barbarie ne me paraît point compatible avec ce que nous connaissons du caractère de Louis XIV, qui était honnête homme; tous ceux qui ont parlé du prisonnier assurent cependant que l'ordre était donné.
)' Louis XV se montra bien plus humain que Louis XIV, et il l'eût même délivré à sa majorité, s'il eût vécu à cette époque ; il avait souvent tourmenté le régent pour être instruit de ses aventures , et le duc d'Orléans lui avait toujours répondu que Sa Majesté ne pouvait en être instruite qu'à sa majorité.
» La veille du jour qu'elle devait être déclarée au Parlement , le roi, demandant encore s'il en serait du secret comme du royaume de France : « Oui, Sire, repartit le régent en présence d'un grand » nombre de seigneurs ; en dévoilant aujourd'hui le secret, je man- » querais à mou devoir ; mais demain je serai obligé de répondre » aux questions qu'il plaira à Votre Majesté de me faire. »
» Le lendemain donc , le roi, en présence des seigneurs de sa cour, tirant ce prince à l'écart pour être instruit du secret, tous les yeux accompagnèrent le roi, et Ton vit le duc d'Orléans émouvoir la sensibilité du jeune monarque. Les courtisans ne purent rien entendre ; mais le roi dit tout haut, en quittant le duc d'Orléans : « Eh bien ! s'il vivait encore, je lui donnerais la liberté. »
i^ Louis XV fut plus fidèle au secret que le duc d'Orléans. Cependant quand le Père Griffet, jésuite, et Sain te-Foix agitèrent dans leurs écrits, si connus, la question du secret, en réfutant leurs systèmes respectifs, il échappa à Louis XV de dire ces paroles en présence de plusieurs courtisans : « Laissez-les disputer; personne
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' n'a dit encore la vérité sur le Masque de Fer. » Le roi, dans ce niomciU, avait dans ses mains le livre du Père Griffct.
» On a su que le Daupliin , père de Louis XVI, demanda souvent au feu roi de lui faire connaître quel était ce fameux prisonnier.
« 11 est bon que vous l'ignoriez, lui répondit le roi son père; vous » en auriez trop de douleur. »
« On a su encore que M. de la Corde, premier valet de chambre de Louis XV, avec qui ce prince s'entretenait quelquefois de divers sujets d'histoire, de littérature et de beaux-arts, parla un jour au roi de quelque anecdote nouvelle sur le Masque de Fer...
« — Vous voudriez bien, lui dit le prince, que je vous dise quelque chose à ce sujet. Vous n'en saurez pas plus que les autres ; mais vous pouvez être assuré que la prison de cet infortuné n'a fait tort à qui que ce soit de la cour, et qu'il n'a jamais eu ni femme ni enfants. »
« Louis XV avait eu la même réserve avec madame de Pompadour et avec ses autres maîtresses , toutes curieuses de savoir de lui quel était ce mystérieux personnage ; mais elles tourmentèrent vainement le roi, qui ne voulait pas même qu'on lui en fît la demande.
» Enfin, j'observerai que le goût du prisonnier pour le linge très fin, que la femme du gouverneur du fort des îles Sainte-Marguerite s'était chargée de lui procurer, provenait nécessairement de sa vie perpétuellement sédentaire : les variations du grand air, les mouvements ordinaires du corps dans les habitudes de la société, l'exercice de tous les sens, n'avaient point ôté à ses organes cette excessive sensibilité qui appartient aux religieuses, aux jeunes gens élevés mollement et aux femmes trop délicates; le sang, pendant l'inaction, est poussé dans toutes les extrémités du corps; l'épiderme qui le couvre est vivifiée; le tact y est parfait, la sensibilité exquise, et l'action des objets extérieurs se fait sentir avec plus de force à travers un sens aussi délicat. Les personnes, au contraire, accoutumées à voyager ou à faire un grand exercice, les gens de la
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campagne cl ceux qui s'occupent de travaux pénibles, sont moins sensibles à l'impression des ol)jets extérieurs. On ne doit donc pas être surpris que ce prince, renfermé depuis son jeune âge, cl qui ne connaissait ni l'usage des pieds, ni l'aclion du grand air sur ses sens, ni les mouvements d'un homme libre, eût la peau d'une délicatesse extrême : il n'avait point le goût , mais un vrai besoin d'un linge très fin.
» Voilà tous les Aiits que j'ai pu recueillir sur cet étonnant personnage. Je désire qu'on liissc toutes les recherches possibles pour découvrir le nom de son instituteur; qu'on visite les dépôts qui peuvent conserveries procès-verbaux de la naissance de Louis XIV. 11 est bon qu'on fouille dans la Chambre des comptes et dans la Bibliothèque du roi, car ces nouvelles anecdotes méritent l'altention des critiques et des érudits. Si leurs découvertes confirment que ce prisonnier était réellement un frère jumeau de Louis XIV, elles rendront plus chère encore à tous les Français la mémoire de cet intéressant prisonnier, qui fut pendant si longtemps l'objet d'une curiosité générale , et déshonoreront davantage les ordres arbitraires des ministres et des tyrans. »