‹ La région du bas-RhôneChapitre 13 sur 25 · Pline. — L. III, ch. v · texte numérisé non relu

Pline. — L. III, ch. v

on a trouvé à plusieurs reprises des poteries variées et quelques médailles du haut et du bas Empire, des pierres de grand appareil, de nombreuses jarres funéraires de fabrication hispanogrecque et qui portent tous les caractères de l'époque gallo-romaine. Une exploration récente a même permis de reconnaître sur la rive orientale de rétang une très grande quantité d'amphores plus ou moins intactes, à moitié enfouies dans la vase, amoncelées à côté de blocs de pierres de taille régulièrement alignés, comme si un navire chargé de produits céramiques avait coulé à pic en cet endroit le long du quai antique. Sur la rive septentrionale de l'étang, on a trouvé disséminés des vestiges du même genre et surtout de ces tuiles à rebord si communes dans les habitations romaines, des fragments de mosaïque et des substruclions en maçonnerie assez considérables pour que les pierres aient pu être utilisées comme matériaux de construction dans un pays de sable et de marais qui en est, par sa nature, absolument dépourvu.

Quelques bras, aujourd'hui atterris, du Rhône débouchaient autrefois dans le golfe du Valcarès. Là devait finir la navigation maritime et commencer la navigation rhodanienne. Sur ces rives

désertes depuis quinze siècles se trouvaient des constructions importantes, des entrepôts, peutêtre même de véritables quais; et il n'est p(Mitêtre pas dès lors trop téméraire d'y placer la ville un peu problématique d'Analilia, qui aurait été la première station des navires à destination des ^mpona d'Arles, de Vienne, de Lyon et du centre de la Gaule *.

La région maritime du Bas-Rhône présentait alors, comme on le voit, un aspect bien différent de l'appareil littoral moderne; mais ce qui devait donner à cette plaine en grande partie inondée et toujours submersible une physionomie toute spéciale, c'étaient le nombre et la direction des bras du Rhône, alors dépourvu de digues et divaguant en toute liberté à la surface du delta. Ici, il faut l'avouer, malgré les savantes

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