LES CANTONS DALMAS ET TAILLON
“Je suis heureux de pouvoir vous informer que ce domaine, ainsi que la contrée qui l'entoure, est supérieur à tous les terrains arables que j'ai arpentés jusqu’à présent. Je crois pouvoir assurer que, sous le rapport de la richesse du sol et par son étendue, c’est une contrée merveilleuse, supérieure à tout le reste du lac Saint-Jean ; c’est peutètre la contrée inhabitée la plus fertile et la plus avantageuse de notre province ; c'est d'elle que le gouvernement peut attendre les plus beaux résultats pour le développement de la colonisation.
Il est hors de propos d’entrer ici dans les détails du Field- Book relatifs à la qualité de la terre, aux essences forestières, à la topographie, etc, etc. parce que ces terrains sont uniformément plats, de même terre forte, argileuse, très fertile et couverte de toutes les essences de gros bois qui croissent sur un sol végétal ou d’alluvion. Une minime partie, cependant, en front du canton, telle que montrée sur le plan, est en terre jaune. Ici, seulement dans cette espèce de terrain, le cyprès et le pin rouge croissent en assez grande quantité
et deviennent très gros. Les autres essences dont est composée la forêt partout ailleurs sont l’épinette blanche, l’épinette rouge et l’épinette noire, le sapin blanc, qui pousse dans les terres froides et humides, et une autre espèce de sapin (Pinus Lambertina) qui atteint d'énormes proportions. L'épinette blanche est l'essence la plus commune et atteint souvent trente-cinq pouces de diamètre. Il y a beaucoup de trembles et de peupliers du Canada, dans les voisinages de la petite Péribouka, qui sont de belle dimension.
La forêt des bois durs se compose de merisiers, qui sont énormes, de bouleaux blancs et rouges, francs-frênes, aulnes communes, cormiers, frênes rouges, frênes de savane, frênes noirs, merisiers blancs, petites merises, plaines bâtardes, saules uoirs et vinaigriers.
Les gros bois qui composent la forêt sont remarquablement clairsemés ; mais à leurs pieds croissent vigoureusement des sadelliers, des groselliers ou des buissons. Heureusemrnt, et en opposition au vilain spectacle que l’on voit partout ailleurs au Saguenay, le feu n'a pas encore pénétré dans ces belles forêts.
Je n'ai jamais vu une contrée mieux arrosée par une foule de ruisseaux et de petites rivières, qui coulent tous sur de la terre forte et sur des lits très bas ; leurs rives ne sont pas à pic et n’ont pas de berges. Les grandes rivières peuvent, par leurs chutes, devenir des moteurs hydrauliques très puissants.
Ce domaine fertile, pittoresque et d'avenir, s'étend jusqu’à quarante-cinq milles vers le nord environ. J'ai vu moi-même le lac Saint-Jean à quatorze milles de distance du point où j'étais et l'immense plaine s'étend en tous sens, à perte de vue, sans interruption. Nous pouvons compter, au nord du lac Saint-Jean, sur une étendue de quelques trois mille six cents milles carrés de terre arable absolument plane, franche et fertile, et susceptible de contenir l'établissement de cinquante paroisses.
Ce terrain jouit d’un climat magnifique. La
vaste nappe d’eau du lac Saint-Jean, en répandant ses vapeurs bienfaisantes, joue un rôle climatolo-
ont piire, des lus ns.
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éri-