DEUX TEMOIGNAGES ENCOURAGEANTS
Voici deux lettres écrites par des colons établis au Témiscamingue, qui confirment pleinement tout ce que nous venons de dire sur le Témiscamingue québecois.
St-Bruno de (‘uigues, 12 janvier 1910.
Monsieur,
Je suis heureux de vous dire que je suis satisfait de ma situation. Je suis né dans le comté de Montcalm; je suis venu au Témiscamingue en 1898; j'avais en main 8550.00. J’ai pris un lot boisé, et .ajourd’hui j'ai 60 acres de terre en culture et des bâtisses qui por- ‘ tent une assurance de 81,500.00. Je ne cèderais pas pour #4,000.00 ce que je possède maintenant. Nous avons un magnifique marché pour écouler nos produite Ainsi le foin se vend 815.00 la tonne, dans la grange— Pavoine, 0.60 centins le minot—les pommes de terre,
toujours au-dessus de $1.00 la poche—le boeuf, 818.00 les cents livres—le lard, 814.00 les vents livres—le beurre, 0.30 centins la livre—les oeufs, 0.30 centins la douzaine.
Maintenant voici le résultat de ma récolte l’année dernière (1909). J’ai récolté 33 tonnes de foin; j'ai semé 6 arpents en pommes de terre, j’en ai récolté 800 poches. 15 minots d’avcine ont rapporté 260 minots. 4 minots d’orge ont rapporté 87 minots. 6 minots de sarrasin ont rapporté 90 minots. 3 minots de pois ont rapport: 30 minots. J’ai semé ? arpents en mil japonais, ce qui m’a donné 600 bottes de foin. J’ai laissé 10 arpents en pâturage. J’ai ? chevaux, ? vaches à lait, 3
genisses, 6 porcs.
Signé) RODRIGUE LEMIRE.
St-Bruno de Guigues, 10 janvier 1910.
Monsieur,
Je demeure à St-Bruno, dans le rang St-Louis; je suis bien satisfait de ma situation; il y a douze ans, que je suis parti de Ste-Anne de Sorel; j'avais 8300 piastres; j'ai pris une terre, et aujourd’hui, j'ai cinquante arpents défrichés, bons pour la culture. J’ai toujours eu de bonnes récoltes. Je déclare bien franchement qu’il y a de grands avantages à venir s'établir ici. Pour moi, j'ai travaillé sur ma terre, comme j'aurais travaillé ailleurs à la journée; j'ai bien vécu avec ma famille, et maintenant ma terre est évaluée à $3,000.00. Je me demande souvent si, étant resté à travailler à gages, j'aurais acquis ce que je possède aujourd’hui, et vécu aussi largement. Je ne le crois pas.
Votre tout dévoué, (Signé) MAURICE MONJEAU.
N.B.—Ce qui est dit ici de St-Bruno de Guigues peut se dire avec autant de vérité de tout le Témiseamingue ; nous pourrions citer un grand nombre d’autres témoignages aussi intéressants et aussi probants que ceux-ci.