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B. — LE NOUVEAU SIÈGE CUVELETTE

Au fond, village de Freyming.

Cliché Sarre et Moselle.

des galeries longitudinales sur lesquelles étaient branchées des « diagonales », plans inclinés aboutissant aux tailles. L'Atlas de Duhamel montre que les emplacements des mines ouvertes entre 1810 à 1814 répondaient précisément à ces conditions topographiques.

A côté de cette considération technique, intervenait la nécessité de diminuer les frais de transport en installant la nouvelle mine le plus près possible d’une chaussée ou d’une rivière navigable. Les houillères les plus prospères furent pendant longtemps celles qui avoisinaient la Sarre : Russhütte (Malstatt), Schwalbach et surtout Gersweiler, dont les galeries s’ouvraient à 50 mètres de la route de Trèves et à 500 mètres de la rivière.

b) L'exploitation par puits. — L'exploitation en profondeur, qui Mmodifia l'extension de la zone d'extraction, devait entraîner aussi des changements dans l'emplacement des mines.

x) Nouvelles conditions topographiques. — Les fonds de vallées perdirent leur intérêt spécial et les ingénieurs, plus soucieux désormais de considérations géologiques que topographiques, campèrent leurs puits là où les sondages avaient donné des résultats probants.

Toutefois les vallées n’ont pas été abandonnées pour cela. L'Atlas du Bassin houiller montre que la plupart des sondages exécutés en Lorraine l’ont été dans les vallées (notamment dans celle de la Nied allemande) où l'épaisseur des morts-terrains est moindre. C'est là aussi que l’établissement des voies de communication est le plus aisé. Une autre considération pousse à rechercher les vallées : dans un pays accidenté et boisé, elles sont à peu près seules à offrir la place nécessaire pour les installations annexes, notamment pour les bassins à schlamms où se décantent les eaux de lavage. Pour toutes ces raisons les puits ont été établis de préférence dans les vallées. Ainsi, au Nord de Sarrebruck, la plupart des puits d’extraction sont installés le long du Sulzbach et du Fischbach, à quelques dizaines de mètres au-dessus du thalweg, tandis que les puits d’aération qui n’ont pas besoin de tant de place sont alignés le long de la crête (1). Il existe cependant quelques exceptions : tel le puits de Frankenholz dont les chevalements perchés sur un contrefort du Hôcherberg qui atteint 400 mètres dominent un frais paysage de vergers et de champs. Mais l'exception confirme la règle : le puits, au dire des ingénieurs, n’a été établi sur cet emplacement paradoxal que parce que la concession s’arrêtait à la frontière prusso-bavaroise.

(1) Voir Atlas du Bassin houiller [XXVI], planche 1 des Plans d'ensemble.

RÉG. IND. SARROISE AY

B) Concentration. — Une autre conséquence de la Tiefbau fut de diminuer le nombre des exploitations ou plutôt d’enrayer leur excessive multiplication. En 1810, Duhamel avait prévu, sur l’étendue du bassin actuellement exploité par les Mines domaniales, soixante concessions. Il y a aujourd’hui une trentaine de sièges en Sarre et une douzaine en Lorraine; encore plusieurs ont-ils été arrêtés depuis la crise. C’est que le forage des puits entraîne de lourdes dépenses (10.000 francs par mètre en moyenne, beaucoup plus quand il faut congeler le terrain). On préfère donc concentrer Pactivité sur un petit nombre de points, en allongeant les galeries: quelques-unes atteignent 4 à 5 kilomètres. L’allongement des voies de fond n’a d’autre limite que la perte de temps qu'il entraîne. À ce point de vue, les deux sociétés lorraines de Petite-Rosselle et de Sarre et Moselle sont à un stade différent : la première avait en 1931, onze puits avec une production moyenne de 242.000 tonnes (brutes) par puits; la seconde ne comptait que quatre puits, mais avec une production de 829.000 tonnes chacun. La mine la plus ancienne est encore celle où l'exploitation est la moins concentrée.

Chaque mine est devenue un organisme complexe qui comprend au centre un ou deux puits d’extraction avec les bâtiments : hall des machines, bureaux et bains douches, installation de criblage et de lavage, et, à la périphérie, des puits d’aération sur lesquels on installe les compresseurs.

L'exploitation par puits a donc entraîné la concentration industrielle; mais la concentration géographique, c’est-à-dire le rassemblement des mines sur une étendue restreinte, demeure peu poussée. La densité des puits sur la carte à grande échelle de l'Atlas du Bassin apparaît faible, surtout dans la partie Ouest où des mines comme Dilsburg (aujourd’hui fermée) et Duhamel (près de Sarrelouis) sont comme des postes avancés de l’industrie au milieu des campagnes, Il y a là un fait à retenir pour ses conséquences à la fois sur les transports et sur le peuplement.

y) Fixation. — La concentration des petites entreprises en une grande usine entraine en général leur immobilisation. Les mines de la Sarre n’ont pas échappé à cette loi.

La construction de puits a entraîné une fixation des mines, sinon définitive (une mine peut toujours s’épuiser), du moins beaucoup plus grande qu'avec l’ancien système des galeries. Les chemins de fer eux-mêmes n’ont pas changé grand’chose à cette répartition.

Il arrive dans les pays neufs que le chemin de fer fasse surgir la vie autour de lui. Les mines de l'Ouest des État-Unis sont demeurées

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