‹ La Région Industrielle SarroiseChapitre 11 sur 270 · LES FORMES DE RELIEF · texte numérisé non relu

LES FORMES DE RELIEF

Le voyageur qui gagne Sarrebruck en venant de Metz n’éprouve pas jusqu’à Saint-Avold l'impression qu’il aborde un pays difiérent. En quittant la plaine où la Moselle et la Seille ont construit leurs terrasses jumelées, la route s’élève insensiblement jusqu’à un plateau dont l’altitude moyenne est de 300 mètres, entre Faulquemont et Saint-Avold, et qui culmine à 412 mètres à Boucheporn. Ce plateau se présente comme une surface inclinée vers l'Ouest, peu disséquée, faiblement accidentée, comme par une houle légère, par une succession régulière de croupes basses et de vallons évasés, quelquefois suivis par des ruisseaux, le plus souvent à sec. Ces

derniers portent le nom de « noues » en pays de langue française, de « Dellen » en Lorraine allemande (1). C’est la multiplication de ces creux dont les versants se raccordent par une courbure continue

qui donne le trait original de cette topographie.

ELD <

Baumholder

6 LE ti Schéèmberg Sainthénders À Tholey

x EN astel( * TD So

arrequemines ,

fohrbach Échelle : 1/600.000 F1G. 2. — LES RÉGIONS NATURELLES On a figuré seulement les grands massifs forestiers qui constituent par eux-mêmes ou délimitent des unités régionales.

(1) ZEuIQsoN définit noue « un pli de terrain où descendent les eaux des terres environnantes ». Le terme de Delle (ou Del) revient fréquemment dans les lieux-dits.

LES PAYS SARROIS 15

Les vallées qui drainent ce plateau, celle de la Nied allemande à l'Ouest, de la Sarre à l'Est, sont à peine mieux dessinées. La Sarre à Sarralbe, la Nied en amont de Bouzonville, s’attardent en méandres sur un fond d’alluvions couvertes de prairies (Auen) et en temps d'inondation les eaux recouvrent non seulement le fond des vallées, mais une partie des seuils bas qui les séparent. Ainsi la région des étangs qui normalement ne dépasse pas la ligne Remilly—Sarralbe peut à la fin de l'hiver s’étendre plus au Nord, le long des grandes vallées.

Cependant, à mesure qu’on s’avance vers l'Est, le dessin de cellesci s'inscrit avec plus de fermeté dans le plateau. Les rivières s’enfoncent entre des versants rapprochés. Aux méandres divagants succèdent des méandres encaissés (dont la courbure d’ailleurs n’est plus suivie par la rivière). La substitution du Calcaire coquillier aux marnes irisées du Keuper, qui s’annonce immédiatement par la couleur plus claire du sol, explique ce changement d’aspect. A partir de Faulquemont ce sont les assises supérieures du Calcaire coquillier qui servent de support au Plateau Lorrain.

En dehors des vallées, ce changement de nature du sol se marque peu dans la topographie. On chercherait en vain les arêtes vives, les corniches communes en pays calcaire. Les formes sont à peine moins émoussées que sur les marnes. Quelques étendues pierreuses ont valu à la partie du plateau située au Nord dela ligne Bening— Sarreguemines le nom de « Steinart ». Mais qu’on ne s’y trompe pas : le Steinart est loin d’être un causse. Des placages d’un lehm argileux entretiennent l’humidité : terres fortes où l’on attelle deux paires de chevaux à la charrue, bien différentes des terres meubles qui recouvrent les calcaires jurassiques.

Page 1