‹ La Région Industrielle SarroiseChapitre 120 sur 270 · NATURE · texte numérisé non relu

NATURE

du coke

POUVOIR calorifique de charbon pur TENEUR EN EAU hygrométrique rapportée au charbon pur MATIÈRES volatiles rapportées au charbon pur et sec TENEUR en cendres (après lavage) RENDEMENT en m° de gaz par 100 kilogs RENDEMENT en coke

% Charbons secs

(maigres). . 40,40 7,94 23,063| 63,11| Pulvérulent.

Flambantssu- | [d périeurs . . 37,80lae 7,14!de va a lae6s,07 Légèrement Flambants in- | à ie à ne à 63,41| boursouflé férieurs . . 37,74 et poreux.

ÉRNERESSRE SEA 5,28 27,453| 67,25| Boursouflé et poreux.

L’étendue de la gamme des charbons de la Sarre dépasse à peine le tiers de l'étendue de celle du Nord. Des six grandes catégories que distingue Barrois, la Sarre ne connaît que les deux supérieures; elle effleure seulement la troisième par le faisceau inférieur dit Aothell qui est l’analogue des houilles maréchales.

Les trois catégories existant en Sarre ont en commun une propriété essentielle : la haute teneur en matières volatiles (?) — d’où dérive

(1) Gras de la Sarre : 32-38 % de matières volatiles; gras du Nord : de 20 à 30 %. Flambants de la Sarre : 35 à 42 % de matières volatiles; flambants du Nord : plus de 30 %.

(2) Cette teneur s’abaisse par suite d’une combustion interne si le charbon reste longtemps exposé à l’air, le charbon de la Sarre ne peut donc pas être conservé en stock pendant plusieurs années sans perdre du poids et de la valeur industrielle; il est, dans une mesure plus grande que d’autres charbons, une matière périssable.

la facilité d'allumage et de combustion (1); mais elles la possèdent à des degrés divers et tirent de cette diversité la variété de leurs emplois.

Correspondance des charbons de la Sarre et des charbons du Nord.

SARRE Norp (d’après BARRoIS)

Charbons secs. 1

Houille sèche à longue flamme

Flambants supérieurs. (flénu sec).

Flambants inférieurs.

Houille grasse à gaz

Gras. (flénu gras).

Rothell.

Houille grasse maréchale.

Houille grasse à coke (dite 1/2 grasse ou 3/4 grasse).

Houille maigre (dite aussi 1/2 grasse).

Houille maigre, anthracite.

Les gras sont par excellence des charbons à gaz : leur rendement en gaz d'éclairage est particulièrement élevé et le produit de très bonne qualité. On leur donne aussi la préférence pour le chauffage des locomotives et les feux de forge. Enfin ce sont les seuls à fournir un coke directement utilisable par la métallurgie. Toute la sidérurgie sarroise est suspendue à son emploi; aussi l'étude du coke sarroïs sera-t-elle plus à sa place dans le chapitre suivant.

Les flambants ont une clientèle industrielle très nie : gazogènes de fours Martin, fours de verrerie et de céramique, centrales thermiques. En outre, concurremment avec les maigres, ils sont em-

(1) I en résulte que le charbon de la Sarre, assuré d’une combustion complète, peut être employé avec avantage sous forme pulvérisée.

LE CHARBON 311 ployés pour le chauffage des foyers domestiques (1). Cependant pour cet usage ils ont été longtemps décriés parce qu’ils donnaient beaucoup de suie et une odeur désagréable. Le lavage a bien atténué ces inconvénients et on brûle couramment les maigres dans les poêles à feu continu, les flambants dans les cuisinières, celles-ci tenant lieu de poêle dans beaucoup de petits logements.

De tout temps, les gras ont été les plus recherchés. Déjà à une époque où le coke n’était pas employé dans le haut fourneau, on appréciait leur pouvoir calorifique, avantage accentué par ce fait que, d’une manière générale, les gras sont plus purs que les flambants. Au début du xrx® siècle, les usines de la vallée de la Sarre se disputaient les charbons de Dudweiler et dédaignaient les veines qu’elles trouvaient à leurs portes. Néanmoins, comme les affleurements de gras étaient restreints, la production de flambants l’emporta jusqu’à ce que l'exploitation par puits eut permis d'atteindre les couches les plus profondes. A la veille de la Guerre, la proportion des gras dépassait de peu la moitié de la production totale.

Depuis 1920, les gras ont accentué leur avantage. Ils ont vu leurs débouchés s’accroître par l'emploi des menus et du poussier pour le chauffage au charbon pulvérisé, tandis que les flambants perdaient la clientèle des Chemins de fer (qui ne veulent plus que des gras) et que les maigres étaient, sur le marché allemand, refoulés par le lignite triomphant. La proportion des trois catégories s’établissait ainsi en 1926 (pour les Mines domaniales seulement) :

Gras, 64 % ; flambants, 30 %; maigres, 6 %.

Depuis lors, bien que la crise ait réduit la consommation de charbons industriels dans de plus fortes proportions que la consommation domestique, la proportion des gras et des flambants est demeurée sensiblement identique. La faveur dont jouissent les gras à une conséquence géographique intéressante : c’est dans l'inspection Est et dans le Sud de l'inspection Centre, où sont les mines de gras, que l’activité est la plus intense et la plus continue. Il y a d’ailleurs dans cette région des sièges qui ont à la fois des puits de gras et des puits de flambants, ou même des puits qui ont un étage d’exploitation dans chaque faisceau, disposition qui permet de régulariser l'extraction et d'éviter quelquefois le chômage. On pousse moins activement la production dans la partie où seuls les flambants sont exploités et il n’y a plus qu’une mine qui livre des maigres.

(1) La Houve a la spécialité des « moinettes », agglomérés destinés à remplacer les « têtes de moineaux » dans les cuisinières.

Sp LA RÉGION INDUSTRIELLE

En Lorraine, la proportion des gras est très inférieure. Elle n’a jamais atteint le quart de la production totale et en période de crise industrielle elle est même tombée à moins du cinquième (18,9 % en 1931). Quatre puits seulement fournissent des gras : deux à Petite- Rosselle (Saint-Charles et Saint-Joseph), proches de l'épuisement ; deux à Sarre et Moselle (Sainte-Fontaine et Cuvelette, ce dernier achevé seulement en 1933). Aux profondeurs actuelles d'exploitation, il n’y a en Lorraine que très peu de réserves de gras, et les sondages n’ont rencontré que des flambants. Ainsi, l’enfouissement vers le Sud du faisceau des charbons les plus précieux s'oppose à la migration

des mines dans cette direction et les retient fixées au vieux district minier.

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