LES MOYENS DE TRANSPORT
En règle générale le charbon, comme toutes les matières lourdes non détériorables, emprunte de préférence la voie d’eau et nulle part au monde cette préférence donnée à la navigation n’est aussi marquée qu’en Allemagne.
Pourtant, les expéditions de la Sarre vers l’Allemagne se font surtout par fer. Le canal de la Marne au Rhin permettrait bien aux charbons sarrois d'accéder par eau à Strasbourg, mais là un transbordement sur les chalands rhénans serait nécessaire; les péniches sarroises arrivées premières à Strasbourg seraient obligées de payer des surestaries en attendant que le chargement du chaland soit complet. Aussi les expéditions se font-elles par fer jusqu’à Strasbourg; à partir de ce point, quelques-unes empruntent la voie d’eau vers l'aval jusqu’à Mannheim. Ces transports par eau représentent à peu près le cinquième des ventes sarroises en Allemagne.
La Sarre formait chaque jour, au début de 1931, la valeur de quatre à six trains « purs » de charbon à destination de l’Allemagne ou de l’Autriche. Les deux tiers des convois sont dirigés par Homburg sur Mannheim d’où le charbon est redistribué dans les pays de Bade et la Bavière du Nord. Le reste passe par Mettlach (pour Trèves), Deux-Ponts (pour Karlsruhe et Stuttgart), Namborn (pour Mayence). Les expéditions de wagons isolés qui sortent du Territoire par les petites lignes ne représentent que des quantités infimes.
Les expéditions destinées à la Suisse et à l'Italie se font exclusivement par fer. La plupart d’entre elles passent par Bâle et sortent de Suisse soit par le Saint-Gothard, soit par le Simplon. Un certain nombre de convois destinés à la Suisse romande empruntent la voie de Montbéliard et Besançon d’où ils sont aiguillés sur Pontarlier ou Culoz. Ce détour s’explique par la différence qui existe entre le tarif suisse et le tarif français spécialement abaissé pour l’exportation.
(1) Cependant Sarre et Moselle a réussi à placer quelques tonnages dans les ports français de l'Atlantique, et même, une fois (en 1932), à enlever une adjudication à la Guadeloupe : conquête sans lendemain. +
Avec la France, les relations par eau sont mieux assurées. Si on laisse de côté les expéditions par le Rhin vers les ports de l'Atlantique, qui sont peu importantes (1), les transports se font surtout suivant deux directions : canal de la Marne au Rhin—Marne canalisée; canal de l’Est—Saône, cette dernière voie servant aussi pour les transports vers le Doubs : ainsi les envois destinés au Gaz de Besançon font le détour de Saint-Jean-de-Losne.
Tableau des expéditions par fer de charbon sarrois (en tonnes). (Mars 1931) (1).