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LA SIDÉRURGIE 200
d’hui au-dessus du charbon sont, pour la plupart, héritières d’usines antérieures à l’emploi de la houille dans le haut fourneau.
Au début du xix® siècle, la répartition des forges était assez différente de ce que nous voyons aujourd’hui. Dans la vallée de la Sarre, il y avait seulement trois grandes forges : Dillingen, Geislautern et Brebach, plus une taillanderie et une tréfilerie aux portes de Sarrebruck. Dans le bassin houiller des forges existaient à Jägersfreude, Goffontaire, Scheïdt, Rentrisch, Saint-Ingbert, Fischbach, Neunkirchen; mais, en outre, il y avait à cette époque des forges sur le Plateau Lorrain (Remeldorf, Falck), dans le Warndt (Creutzwald, Sainte-Fontaine, Hombourg-Haut) et jusque sur le plateau de Deux- Ponts (Contwig). Les Campagnes permiennes avaient elles aussi leurs forges, au moins à l'Ouest de la Blies : Bettingen, Castel, Nunkirchen, Münchweiler, Mariahütte; enfin nulle part les établissements métallurgiques n’étaient aussi nombreux qu'aux confins du Hunsrück et du Birkenfeld : Züsch, Bierfeld, Nonnweïler, Abentheuer, Allenbach, Sensweiler, Asbach, Weitersbach, etc.
Remontons plus loin dans le passé. Au début du xvri siècle, avant que la guerre de Trente Ans eut éteint toutes les forges, dont quelquesunes seulement devaient être rallumées par la suite, l’industrie métallurgique était plus clairsemée et plus dispersée. Dans la vallée de la Sarre, il n’existait de façon certaine qu’une seule forge : Geislautern (2), et trois seulement dans le pays houiller : Malstatt (2), Scheidt et Neunkirchen (3). Par contre, des forges existaient loin de tout affleurement de houille : à Remeldorf, à Castel, à Nonnweiler, à Mariahütte (entre Castel et Nonnweïler) et sur le bord méridional du Hunsrück.
Ces deux cartons, découpés arbitrairement dans le passé, permettent d’apercevoir non pas un enracinement de la métallurgie sur la houille, mais une floraison de forges dans les régions les plus diverses. C’est peu à peu, par élimination des usines éloignées du bassin houiller et à la suite d’une migration générale du Nord vers le Sud, que la métallurgie s’est localisée où nous la voyons aujourd’hui.
L'histoire de la technique fournit en quelque sorte la contreépreuve. Le fer, seul métal de forge que l’industrie ait connu avant la fabrication en grand de l’acier de coulée, a été obtenu successivement par deux procédés : d’abord en un seul temps, dans lequel le
(1) Attestée en 1582. — La forge du Halberg, mentionnée en 1431, n’est plus attestée jusqu’au xvine siècle. La forge de Dillingen a été fondée en 1685 par le marquis de Lenoncourt-Blainville.
(2) Bientôt disparue (Cf. J. Gavor et R. Herzy [163], p. 90).
(3) Construite en 1597, probablement sur l'emplacement de forges plus anciennes.
RÉG. IND. SARROISE 23
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