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CHAPITRE VIII

Autour des mines et des forges gravitent des industries variées, quelques-unes directement liées à la métallurgie, d’autres utilisant le charbon pour le chauffage et la production de la force motrice.

Dans l’ensemble de l’économie sarroise, chacune d’elles ne tient qu'une place éffacée. Ainsi, sur les 185.000 ouvriers ou artisans recensés en 1927, si on met à part les deux groupes principaux (74.000 mineurs et 47.000 métallurgistes), il reste à peine un tiers du total qui se partage entre une douzaine d'industries, parmi lesquelles celle qui occupe le personnel le plus nombreux, l’industrie céramique, n’employait que 8.000 ouvriers. En même temps elles ont un caractère local très prononcé. Le plus souvent elles demeurent à l’écart des cartels internationaux. Les conditions de la production y sont plus indépendantes de la conjoncture : elles peuvent conserver une marche satisfaisante alors que les journées de chômage se multiplient dans les mines ou dans les forges; ou au contraire se débattre contre les difficultés de vente en période de prospérité.

Enfin, suivant une loi très générale, plus que les industries majeures elles paraissent sensibles à l’action des facteurs géographiques et exactement localisées d’après les ressources du sous-sol, la présence sur place d’une main-d'œuvre exercée, les facilités de vente. Le phénomène de surimposition économique, qui est la règle pour la métallurgie lourde, déjà moins fréquent dans l’industrie de transformation, n’est plus qu’un cas exceptionnel quand il s’agit des industries mineures. Leur histoire est une série de déménagements. Au cours d’une vie d'homme, on peut voir une usine s’ouvrir, se fermer, se déplacer. Bref, tandis que la grande industrie modifie le milieu, les industries

secondaires s’y adaptent.

Ce milieu est complexe, formé d’éléments dont les uns sont donnés une fois pour toutes, les autres ajoutés par l’homme et en perpétuelle transformation. Il semble que la meilleure classification soit celle qui distingue les industries d’après les conditions qui leur ont donné naissance et qui actuellement les maintiennent à la place où nous les voyons. Nous distinguerons donc les industries nées des ressources du lieu, qui exploitent une richesse naturelle, telle que le bois, le charbon, l'argile, ete.; Les industries dérivées de la grande industrie et travaillant les sous-produits de la fabrication du coke ou de lacier; les industries nées de la concentration humaine pour satisfaire les besoins d’un million d'hommes : industries alimentaires, industries du vêtement et de la chaussure, industrie du tabac. Enfin, il faut faire une place à part aux entreprises qui doivent leur naissance au statut politique du Territoire et dont on peut prévoir qu’elles ne survivraient pas à une modification du régime douanier.

Comme toute classification, celle-ci comporte une part d’arbitraire. On ne peut faire une catégorie pour les industries nées du Traité sans remarquer que toutes les branches d’activité sans exception ont été atteintes par le nouveau statut politique. D’autre part, les conditions actuelles ne sont pas toujours celles auxquelles une industrie a dû sa naissance : telle fabrique de linge ou de bonneterie qui aujourd’hui nous paraît destinée à satisfaire la demande du monde ouvrier a pris la succession de modestes ateliers qui travaillaient la laine du pays. Enfin toutes les usines bénéficient de l’afflux d'hommes provoqué par l'exploitation des mines : il n’y a pas de séparation nette entre les industries filles du lieu et les industries filles des hommes. Sous ces réserves, une classification génétique a sa raison d’être, si on veut rendre compte de la localisation des usines et analyser leurs réactions réciproques dans l’organisme économique du Territoire.

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