‹ La Région Industrielle SarroiseChapitre 187 sur 270 · ANCIENNETÉ DE L'OCCUPATION HUMAINE · texte numérisé non relu

ANCIENNETÉ DE L'OCCUPATION HUMAINE

Sur les quatre régions qui apparaissent dans les limites du Territoire, deux au moins ont été peuplées dès l’époque néolithique : les plateaux de la Lorraine orientale (1) et du Bliesgau, les Campagnes de Lebach et de Tholey. A leurs aptitudes agricoles, qui expliquent un défrichement précoce, elles joignaient des ressources minières aujourd’hui oubliées, mais dont limportance paraît d'autant plus grande qu’on remonte plus loin dans le passé. Les venues éruptives du Permien ont été accompagnées d’une minéralisation intense qui s’est prolongée au Trias. Aussi a-t-on extrait dans la région le fer, le plomb, le cuivre, voire l'or des sables de la Blies. Ces métaux ont été exploités dès l’époque gallo-romaine à Vaudrevange, et le culte de Sainte-Barbe, qui est répandu sur toute une partie de la côte de Muschelkalk, est un indice de la très vieille activité minière (?). Près de Saint-Avold et à Duppenweiler, l'exploitation du cuivre s’est maintenue jusqu’à la fin du xvirre siècle. Autour d’'Hargarten-aux-Mines et de Falck on voit encore les galeries qui ont servi à rechercher les

filons de plomb argentifère. Enfin il est possible que les sources salées aient attiré le peuplement : les Romains avaient installé des thermes à Gutenbrunnen.

Les trouvailles les plus importantes remontent à l’âge des métaux (3). A la fin de l’époque du bronze, les vallées de la Sarre moyenne et de la Blies inférieure étaient occupées par une population qui à laissé comme trace les « champs d’urnes » où elle enfouissait les cendres de ses morts (1), tandis que sur le plateau se maintenait une population plus ancienne qui édifiait des tumuli. Le même plateau du Bliesgau demeure le centre principal du peuplement à la période de Halstatt (tertres funéraires de Rubenheim, Wolfersheim, Erfweiler). À la période de La Tène, le peuplement s’étend vers le Nord par la vallée de la Sarre. À l’époque celtique, plateaux et vallées semblent occupés d’une façon assez uniforme, même si on ne fait pas état de

(1) B. LinckenneLD [198 et 199 bis].

(2) Sankt Barbara (près de Vaudrevange); grotte de Sainte-Barbe au Langenberg (S. de Falck). ;

(3) Depuis la création du Territoire de la Sarre les richesses archéologiques de la région, jusqu'alors complètement négligées, ont été l’objet d’une prospection et d’un inventaire méthodiques. On en trouvera les résultats consignés dans les rapports deC. Kirin [194]. Parmi les ouvrages plus anciens, le plus utile est celui de ScrrôTEr [206], in Mitteilungen, t. I. :

(4) Notamment à Webenheim sur la Blies, à Beckingen et à Rech (près de Merzig) sur la Sarre. Cf. Kzæin [194]. Bericur IV.

toutes les mardelles, dont quelques-unes ont incontestablement servi d'habitations. Mais c’est seulement pour le début de la période gallo-

LÉGENDE Échelle : 1: 200.000 © Zrourailes énviquant un habital isolé © Xabilal aggloméré (vicus) —— Grande roule de Tletz à Worms = oules hypolbéliques

Bords (avec leur étendue de 1825)

Kobe L grand nombre Délablissements humainsplus serrés Le long des roules, mais se renwnirant parfois en pleine forél ;

F1G. 30. — RESTES D'ÉTABLISSEMENTS GALLO-ROMAINS (I-IIIe siècLe APRÈS J.-C.) DANS LE CERCLE DE SARREBRUCK (D'APRÈS KLEIN [194}, p. 55)

On se reportera, pour le tracé des routes, à la carte donnée par H. J. Becker {110}, p. 30, dans un ouvrag paru trop tard pour que j'aie pu Putiliser. La route de Sarrebruck à Heusweiler n’y figure pas ; par contre on y trouve l'indication d’une route partant de Forbach et passant par Gersweiler et Holz. |

romaine (Ier siècle après J.-C.) qu’on peut esquisser une répartition de la population.

née — 2 D

Presque tous les restes d’habitats gallo-romains ont été trouvés le long des routes qui sillonnaient la contrée : Ritzing et Obernaumen, le long de la route de Metz à Trèves; le Herapel, Lixing, Rubling, Auersmacher, Brebach, Bischmisheim encadrent la route de Metz à Worms; Pachten, Bettstadt, Lebach, Tholey jalonnent une seconde route Ouest-Est conduisant vers Bingen; enfin Blickweiler, Blieskastel, Schwarzenacker se rassemblent le long d’un diverticulum qui joignait la route de Tarquimpol, près de Sarrebourg, à celle de Worms (1). On notera une fois de plus que l’occupation ne s’est pas limitée aux plateaux actuellement défrichés. On a retrouvé des restes de constructions romaines sur les territoires des communes de Dudweiler, de Eiweiler, de Fischbach et en maint autre endroit, au milieu de la forêt (fig. 30).

Les restes de villas exhumés au cours de ces dix dernières années par le Service Archéologique de la Sarre dépassent la centaine, attestant ainsi une occupation relativement dense. Certes, il ne faut pas se faire d’illusion sur le chiffre total de popuiation que ces établissements représentaient. En dehors d’une demi-douzaine de bourgades (vici), à la fois marchés et postes militaires : le Herapel (?), le Halberg, Schwarzenacker, Sarrelouis-Roden, Pachtein, Tholey, la population gallo-romaine de la région vivait dispersée dans des villas. Comme nous connaissons pour plusieurs d’entre elles les dimensions exactes du domaine [100 ha. en moyenne dans les environs d’Heusweiler (#)], on peut supposer que sur cette étendue, avec des méthodes d'exploitation très extensives, il ne vivait pas plus d'hommes qu’il n’en vit aujourd’hui sur 4 domaines de 25 hectares, soit une trentaine de personnes au plus. Il n’en est pas moins vrai que des restes gallo-romains extrêmement nombreux attestent que, contrairement à l'affirmation de R. GRADMANN (:), ces régions étaient fortement occupées par les Gallo-Romains (5).

(1) H. Becker [110].

(2) Le Herapel fut d’abord un oppidum gaulois, puis un vicus gallo-romain. CÎ. Huser [191 bis].

(3) Kzein in S. Ztg, 16 juillet 1932.

(4) R. GraDmann [4], I, p. 135 : « nur verschwindend kelto-romanische Reste ». Plus de cent villas retrouvées sur les 1.800 km? du Territoire, une centaine de trouvailles remontant à l’époque gallo-romaine pour le seul cercle de Sarrebruck montrent assez que les restes de cette époque ne sont pas aussi rares que R. Granmann veut bien le dire.

(5) Presque toutes les trouvailles se rapportent au rer siècle après J.-C. On n’a presque rien retrouvé du 11° et 111° siècle, sauf au vicus du Halberg où la série des monnaies va de Titus à Valens.

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