LE PEUPLEMENT DU BASSIN HOUILLER LORRAIN
A cette émigration vers la région industrielle, la Lorraine a fourni au x1xe siècle une contribution à peu près nulle (?). Le nombre des Alsaciens-Lorrains établis en Sarre atteint aujourd’hui environ 4.000; mais là-dessus un bon nombre sont venus depuis l’armistice. Les Mines domaniales n’ont jamais employé plus de 200 mineurs lorrains. C’est que la Lorraine avait, à la même époque, à assurer le peuplement de ses propres centres industriels.
(1) O. RaxecreRr [202], p. 34.
(2) Si on excepte la petite colonie des verriers de Fenne, qui maintient d’ailleurs avec vigueur son individualité. :
Dans la Lorraine orientale, l'accroissement a été limité aux cantons miniers :
GANTONS 1856 (!) 193141(2) SICDOR PE MES 13.184 10.677 Doula var 16.839 12.784 Bouzonville . . . 18.849 26.482 Faulquemont. . . . 16.170 10.357 ÉOPDACNIE RECETTE 17.375 53.989 Saint-Avold. . . . 15.434 32.102 Sarreguemines. . . 21.961 31.578
A l’intérieur des cantons qui ont augmenté, l’accroissement de population a été plus irrégulier que dans le Territoire de la Sarre. Dans le Gau, la plupart des communes cessent d'augmenter vers 1850, malgré l'excédent des naissances sur les décès; à partir de 1860 l'appel des villes (?) et des mines, parfois l’émigration lointaine (‘) vident lentement le plateau (5). C’est la courbe classique des régions agricoles affectées par la dépopulation, accentuée seulement ici par les départs de 1919.
Dans les vallées et en général le long des voies de communication, la population se maintient mieux parce qu’elle peut aller travailler aux mines tout en conservant son domicile traditionnel. On observe
le bassin houiller ont dépassé en 1926 le chiffre de 1910, celles de la vallée de la Sarre, Grosbliederstroff et Welferding, n’ont pas encore retrouvé ce dernier chiffre : à l’écart du Bassin houiller lorrain, elles ne participent pas non plus, dans les conditions actuelles, à la poussée de croissance du Bassin de la Sarre : elles n’ont qu’un centre d’attraction, Sarreguemines, et c’est peu.
Par contre toutes les communes minières du Warndt marquent une très forte augmentation, Mais cette augmentation n’a pas été continue : Creutzwald, qui comptait 1.047 habitants en 1801, après une première poussée qui l'avait fait monter à 2.027 habitants en 1851, était retombée à 1.456 en 1890 et elle ne comptait encore que
(1) A. Moselle et Cnasrezzux [86].
(2) Population municipale.
(3) Les dénombrements de 1856 et 1861 mentionnent des départs pour Paris à Waldwisse, Berweiler et en général dans les localités les plus éloignées du Warndt.
(4) Les cantons de Sarreguemines et de Forbach ont fourni un fort contingent à l’émigration vers les États-Unis, Cf, H. Conramine [282], p. 24.
(5) Cf. Crusius [184] et H. ConramINE [232].
2.956 habitants en 14910 (*)}. Aujourd’hui elle dépasse 10.000. Les autres localités minières Merlebach, Freyming, l'Hôpital ont connu les mêmes vicissitudes : développement rapide sous le Second Empire lors des premiers travaux de forage dans le Warndt, décadence après 1860; à partir de 1900 reprise, d’abord lente, puis accélérée depuis 1919, de sorte que, par le chiffre de population tout au moins, elles sont devenues des villes.
Mouvement de la population dans les différentes parties de la Lorraine orientale.